Règlements de comptes à O.K. Corral

Règlements de comptes à O.K. Corral (Gunfight at the O.K. Corral). 2 heures 02. États-Unis. Western – Drame. Sortie en France le 16 octobre 1957 (le 30 mai 1957 aux États-Unis). Réalisé par John Sturges avec Burt Lancaster, Kirk Douglas, Rhonda Fleming, Jo Van Fleet, John Ireland, Lyle Bettger, Dennis Hopper, Frank Faylen, Earl Holliman, Ted de Corsia, Whit Bissell, DeForest Kelley, John Hudson, Kenneth Tobey, Lee Van Cleef, Brian G. Hutton, Jack Elam, Olive Carey…

Après une longue carrière au service de la loi, Wyatt Earp décide de se ranger et de se mettre en ménage avec Laura Denbow. Mais ses plans de retraites sont contrariés par le clan Clanton qui s’attaque à son frère, également shérif. Aidé de Doc Holliday, il se rend sur les lieux du conflit…

Avis écrit le 1er avril 2017.

Bien qu’à une époque le genre western ne m’attirait pas des masses, « Règlements de comptes à O.K. Corral » avait quand même une bonne réputation qui avait su remonter jusqu’à mes oreilles. Du coup, lorsque j’ai décidé de me lancer dans ce cycle cinématographique du western, ce long métrage faisait partie des classiques qu’il me tardait de découvrir.

Je dois bien admettre que j’ai beaucoup aimé ce que j’ai vu. Le scénario écrit par Georges Scullin et Leon Uris est captivant. Ce qui m’a agréablement surpris, c’est que ce n’est pas du tout les grandes escapades à chevaux ou les fameux duels (passages obligés dans tous westerns dignes de ce nom) qui m’ont fasciné. Non, c’est plutôt la construction de la relation entre Wyatt Earp (Edward Thorpe dans la version française sans qu’on comprenne vraiment pourquoi ce changement…) et Doc Holliday.

Cette amitié prend son temps pour se construire du coup au début, on peut se demander à quel moment le film va vraiment se lancer mais j’ai vraiment beaucoup aimé ce jeu amical entre eux. Cette recherche de provoquer l’autre et en même temps cette forme de respect qui s’installe mutuellement, chacun appréciant chez l’autre un détail qu’il n’a pas, le Bien fricotant avec le mal et vice-versa.

Le résultat c’est que le fameux règlement de comptes que l’on nous vend dans le titre n’arrive qu’à la fin et peut s’avérer un brin expéditif mais bizarrement, j’ai tellement sympathisé avec notre duo vedette que cela ne m’a pas dérangé. En revanche, alors que du côté de Wyatt Earp, j’ai aimé la perche que l’on tend vers la rédemption à Billy Clanton, du côté de Doc Holliday, j’ai trouvé plus détestable le portrait fait de Kate Fisher. Vite agaçante, je trouve que l’on exploite assez mal ses traumas et que cela pollue sa relation avec Holliday à l’écran même s’il y a malgré tout des choses intéressantes.

Et puisque je parle de certains personnages, si j’ai réussi à bien rentrer dans ce récit, c’est aussi en grande partie grâce à son casting efficace et tout particulièrement ses deux têtes d’affiches. Burt Lancaster (Wyatt Earp) et Kirk Douglas (Doc Holliday) sont parfait. Il y a une bonne alchimie entre eux, le duo fonctionne à merveille et même si l’on joue pas mal avec la caricature, l’on sympathise très vite avec eux. J’ai bien aimé le fait que l’on nous montre certaine de leurs failles, de leurs addictions. Le gentil shériff est autant glorifié que le gentil bandit mais ils possèdent dans leurs caractères et leurs portraits des petites nuances de gris qui me plaise (l’un a du mal à se détacher de son statut social quand l’autre ne cesse de se battre contre la mort pour ne citer que ses exemples).

Derrière ce duo, le reste du casting est tout aussi bon. Parmi les gueules que je retiendrais, il y aura le mythique Dennis Hopper (Billy Clanton) pour qui l’on arrive à avoir une certaine tendresse dans sa naïveté ainsi que John Ireland (Johnny Ringo), la belle tête à claques par excellence que l’on va adorer détester et qui va être très à l’aise dans cette ambiance assez misogyne il faut quand même bien l’admettre.

Si j’aime un peu moins Lyle Bettger (Ike Clanton) que je trouve parfois trop léger et que cela m’a plu de revoir à l’écran DeForest Kelley (Morgan Earp) même si ce dernier est sous exploité, je regrette quand même un peu la place de la femme dans cette histoire que l’on met en avant sans jamais réussir à bien l’utiliser dans l’intrigue. Soit c’est une belle potiche qui va créer une romance classique qui va vite devenir anecdotique avec Rhonda Fleming (Laura Denbow), soit cela va être une alcoolique amoureuse éperdue qui va alourdir le film plus qu’autre chose avec Jo Van Fleet (Kate Fisher). C’est dommage car avec ses deux portraits différents, on aurait pu leur donner une meilleure place je pense dans cette aventure.

La réalisation de John Sturges est sinon très agréable. Vu en Blu-ray, je me doute que l’image et le son ont été restaurés mais c’est clairement le genre de western plaisant visuellement que j’aime suivre. Les décors sont bien exploités avec ses fameuses étendues désertiques, son saloon (qui manque un peu de « foutoir » néanmoins), sa petite ville et ses petits coins indispensables pour tout bon guet-apens.

Les cadres sont bien pensés, c’est très rythmé et même si je trouve que ça tarde un peu avant de m’entrainer avec lui, je ne me suis jamais réellement ennuyé. J’ai bien apprécié aussi la photographie et le jeu des lumières. On exploite bien le côté poussiéreux du western, on sent ce monde riche en testostérones et en virilité où les colts font la loi mais c’est aussi ce que j’apprécie dans ce genre de programme.

Quant à Dimitri Tiomkin, ce n’est pas la première fois que sa bande originale me plait et dans ce long métrage, le compositeur ne déroge pas à la règle. J’aime les mélodies qu’il utilise. Je trouve qu’elles s’intègrent vraiment bien dans cette histoire et dans cette époque. La fameuse chanson « Gunfight at the O.K. Corral » écrite par Ned Washington et Dimitri Tiomkin et interprété par Frankie Laine me plait beaucoup également.

Pour résumer, parmi les classiques du cinéma que je découvre assez tard, « Règlements de comptes à O.K. Corral » fait partie de ceux que j’ai beaucoup aimé. On peut regretter un lancement un peu tardif ainsi qu’un règlement de comptes un peu expéditif mais le scénario n’en demeure pas moins inintéressant pour le traitement de la relation amicale de Wyatt Earp et Doc Holliday. Ses derniers sont remarquablement interprétés par un duo Burt Lancaster – Kirk Douglas charismatique à souhait et bien mis en valeur par une réalisation de John Sturges très agréable. Je n’ai peut-être pas eu une grosse claque mais le film m’a fasciné et il possède tout ce que j’aime bien retrouver dans un western donc pour moi, les comptes sont bons.

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4 réflexions sur “Règlements de comptes à O.K. Corral

    1. Oui j’ai bien aimé comment fonctionne ce duo. Personne n’écrase personne et au final, ils sont vraiment au service de cette histoire. Un classique que je suis vraiment content d’avoir enfin découvert 🙂

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    1. Bonjour Dasola. Très efficace en effet. C’est peut-être pas le western qui me fera le plus vibrer mais il fait partie de ceux qui m’auront donner beaucoup de plaisir. Bonne fin d’après midi également 😉

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