Ghost in the shell (2017)

Ghost in the shell. 1 heure 47. États-Unis. Science-fiction. Sortie en France le 29 mars 2017 (le 31 mars 2017 aux États-Unis). Réalisé par Rupert Sanders avec Scarlett Johansson, Pilou Asbæk, Juliette Binoche, Takeshi Kitano, Michael Pitt, Chin Han, Peter Ferdinando, Lasarus Ratuere, Yutaka Izumihara, Tawanda Manyimo, Anamaria Marinca, Rila Fukushima, Danusia Samal, Michael Wincott…

Dans un futur proche, le Major est unique en son genre: humaine sauvée d’un terrible accident, son corps aux capacités cybernétiques lui permet de lutter contre les plus dangereux criminels. Face à une menace d’un nouveau genre qui permet de pirater et de contrôler les esprits, le Major est la seule à pouvoir la combattre. Alors qu’elle s’apprête à affronter ce nouvel ennemi, elle découvre qu’on lui a menti : sa vie n’a pas été sauvée, on la lui a volée. Rien ne l’arrêtera pour comprendre son passé, trouver les responsables et les empêcher de recommencer avec d’autres.

« On n’envoie pas un lapin tuer un renard ! »

Avis écrit le 14 avril 2017.

Bien que j’apprécie l’anime pour différentes raisons, je ne voue pas un culte à « Ghost in the shell ». Je trouve ses propos intéressant et son animation très plaisante mais il y a beaucoup de bavardages pour moi qui rends ce film un brin lourdingue par moment. Du coup, lorsque j’ai appris qu’une version live allait voir le jour, j’étais plutôt ravi et je ne faisais pas partie de ceux qui voulait « tuer » le projet avant même de le découvrir.

Si globalement le film se défend de proposer une nouvelle lecture, il faut quand même reconnaître que le scénario écrit par Jamie Moss, William Wheeler et Ehren Kruger reprend une grande partie de l’univers dont il s’inspire. Pour ceux qui auront vu l’anime, il y aura donc peu de surprises devant cette histoire qui même si elle apporte quelques différences, va rester très respectueuse de de son support d’origine.

Cela ne veut pas dire que c’est mauvais pour autant. Bien au contraire, il y a une volonté de rendre plus accessible l’intrigue qui est agréable même si je peux comprendre ceux qui ont une plus large préférence pour la construction scénaristique du film d’animation. Après, les thématiques sont dans l’ensemble les même et il y a tout un questionnement sur ce qui fait de nous des êtres vivants et notre dépendance à la technologie dans notre société que j’aime bien.

Maintenant, et quitte à me faire taper sur les doigts par certains, j’aurais aimé quand même que ce nouveau film aille encore plus loin dans sa simplification. On n’est pas perdu mais il y a quand même toujours cette sensation d’enrobage qui me gêne. Il y a des amateurs mais pour ma part, j’ai toujours trouvé ce genre de texte assez ennuyeux. C’est purement subjectif, c’est juste que ça ne me passionne pas. Du coup, malgré une action assez présente, il m’est arrivé par moment de moins accroché et de trouver le film un poil trop lourd malgré son côté divertissement.

Après, on ne va pas se mentir, mais voir Scarlett Johansson (Major Mira Killian / Motoko Kusanagi) dans la tenue de notre héroïne que je connaissais donc déjà dans son support animé me faisait bien plaisir. Visuellement, on joue avec les courbes de l’actrice et je vais être honnête, j’ai aimé ça en tant qu’homme même si ça reste très gentillet.

Dommage maintenant que la comédienne m’a moins convaincu dans son interprétation. J’ai trouvé qu’elle en faisait souvent un peu trop au point que cela devenait vite caricatural. Cela se traduit d’ailleurs assez vite à mon sens dans son regard un peu faux et dans sa démarche « déterminée » ainsi que sa gestuelle qui sur certaines scènes me faisait un peu sourire nerveusement dans son approche « regardez comment je marche droit devant moi comme une femme badass… ».

Si Scarlett Johansson et son personnage reste malgré tout l’attrait principal de ce long métrage, le reste de la distribution parvient quand même à bien exister. J’ai notamment bien aimé Pilou Asbæk (Batou). Je ne suis peut-être pas totalement objectif puisque c’est déjà le personnage que je préfère dans l’anime mais ici, l’acteur s’en sort très bien et demeure très charismatique. C’est un peu dommage d’ailleurs que l’on n’exploite pas davantage son duo avec Scarlett Johansson. Il y a une relation professionnelle entre le Major et Batou que l’on sous-exploite et qui porte un peu préjudice à mon sens à ce film.

Côté charisme, Takeshi Kitano (Daisuke Aramaki) se pose bien là également. Il fait un chef de la Section 9 qui cabotine un peu mais son personnage m’a plu et je lui ai même trouvé un petit charme avec cette volonté assumé de le laissé parler japonais. J’ai aimé aussi retrouver à l’écran une Juliette Binoche (Docteur Ouelet) que l’on a déjà connu plus inspiré mais qui n’a cependant pas à rougir de sa performance.

On le voit assez peu aussi au final, son personnage manque sans doute un peu d’ampleur pour avoir la place qu’il mérite réellement dans cette histoire mais Michael Pitt (Hideo Kuze) limite la casse. On retiendra aussi Peter Ferdinando (Cutter) dont la caricature fait sourire et le plaisir, du moins pour moi, de voir le temps de quelques plans Michael Wincott (Docteur Osmond) que l’on ne créditera même pas au générique…

En voyant la bande annonce du film avant ma séance, j’étais un peu mitigé dans mes espérances sur la réalisation. Ce que j’avais vu ne m’avait pas forcément convaincu mais j’avais envie de croire en Rupert Sanders dont le « Blanche Neige et le Chasseur » m’avait très agréablement surpris. En sortant de ma projection, ce que je peux dire c’est que je suis toujours mitigé.

Cet univers ne me parle pas. Ses images de synthèses qui nous sautent aux yeux à chaque plan, ces effets numériques mais aussi toute cette société futuriste à coup d’hologramme et de lumières fluo, je n’ai jamais vraiment aimé ça. Je trouve que ça sonne toujours un peu faux, très artificiel et ce long métrage ne déroge pas à la règle.

C’est dommage car le film reprend de très nombreux plans du film d’animation mais ce qui fonctionnait clairement sous les traits d’un crayon fonctionne moins sous les traits d’une caméra. Les émotions, du moins chez moi encore une fois, ne passe pas. Cet aspect contrefaçon ne me touche à aucun moment et je ne parviens jamais à rentrer totalement dans ce délire ce qui ne m’a donc pas aidé non plus pour être fasciné plus que cela par l’intrigue.

Mais tout n’est pas mauvais. Certaines scènes demeurent très belles. Alors oui, c’est dommage que les plans les plus marquants manquent d’originalité puisqu’on les retrouve dans le film d’animation mais certaines scènes ont une retranscription visuelle malgré tout agréable. Par de rares moments, j’ai quand même aimé mais à l’image du scénario, cela reste souvent assez brouillon et lourd pour moi.

Il y a en tout cas un parti pris visuel qui est assumé et qui reste cohérent de bout en bout. L’exploitation de la lumière et la photographie s’intègre bien dans cette mise en scène tout comme les différents costumes et autres maquillages même lorsque l’on tombe dans l’exagération. On y adhère ou pas mais l’ensemble se tient. J’ai aimé sinon la musique composée par Clint Mansell et Lorne Balfe qui possède là aussi quelques petites mélodies qui réussissent à sortir du lot.

Pour résumer, avec ce nouveau « Ghost in the shell », je ne serais pas aussi assassin que certains avis sur lesquels j’ai pu tomber. Le film n’est pas la catastrophe que l’on a pu me vendre et ce n’est même pas la catastrophe que je craignais avant de rentrer dans ma salle. Maintenant, ce n’est ni un chef d’œuvre, ni une claque cinématographique non plus. Pour moi, c’est juste un divertissement assez anecdotique que je garderais en mémoire principalement parce qu’il traine avec lui l’aura du film d’animation dont il reprend de nombreux plans. Toujours un brin lourd et brouillon, cette version reste néanmoins plus accessible et derrière toute cette surenchère, j’ai quand même réussi à tenir jusqu’au bout. Je pourrais également le revoir du coin de l’œil si l’occasion se présente. Le film assume ce qu’il fait, je n’y adhère pas à fond mais ça se laisse regarder quand même.

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