Pirates des Caraïbes 3 : Jusqu’au bout du monde

Pirates des Caraïbes 3 : Jusqu’au bout du monde (Pirates of the Caribbean: At World’s End). 2 heures 48. États-Unis. Aventure – Fantastique – Comédie. Sortie en France le 23 mai 2007 (le 25 mai 2007 aux États-Unis). Réalisé par Gore Verbinski avec Johnny Depp, Keira Knightley, Orlando Bloom, Geoffrey Rush, Bill Nighy, Chow Yun-Fat, Jack Davenport, Tom Hollander, Naomie Harris, Mackenzie Crook, Lee Arenberg, Stellan Skarsgard, Kevin McNally, Keith Richards, Jonathan Pryce…

L’âge d’or de la piraterie touche à sa fin. Même le terrifiant Vaisseau Fantôme et son capitaine maudit Davy Jones servent à présent Lord Cutler Beckett et la Compagnie anglaise des Indes Orientales. L’invincible Hollandais Volant écume désormais les sept mers, massacrant sans pitié pirates de tous bords et sabordant leurs navires.
Will Turner, Elizabeth Swann et le capitaine Barbossa n’ont qu’une seule chance de résister à Beckett et à son armada destructrice : ils doivent rassembler les Neuf Seigneurs de la Cour des Frères, mais l’un des membres les plus éminents, le capitaine Jack Sparrow, manque à l’appel.
Will, Elizabeth et Barbossa, secondés par Tia Dalma, Pintel et Ragetti, doivent faire voile vers des mers orientales inconnues, pour affronter un pirate chinois, le capitaine Sao Feng, et s’emparer des cartes qui les conduiront au-delà des limites du monde connu, là où Jack est retenu…

« La mort est une journée qui mérite d’être vécue. »

Avis écrit le 9 avril 2011.

Quasiment tout de suite après avoir vu le second volet de la franchise qui m’avait amusé mais laissé sur ma faim malgré tout, je me suis mis à revoir « Pirates des Caraïbes 3 : Jusqu’au bout du monde », troisième volet des aventures de Jack Sparrow et de ses amis pirates.

Fidèle à ce qu’on s’attendait, ce scénario écrit par Terry Rossio et Ted Elliott est dans la même lignée que le second. On retrouve ici une nouvelle fois (et cela apparaît comme étant logique du coup), un côté très sombre qui font qu’une nouvelle fois, le premier volet semble bien loin. Heureusement que l’on garde les même personnages principaux d’ailleurs car on pourrait penser qu’il s’agit de deux franchises différentes tant le premier film (très réussis) et différents de ses suites.

Il y a quand même une volonté de passer un cap supérieur ici car en maintenant le côté sombre, on retrouve tout de même un peu plus d’action et d’humour mais l’âme de la franchise que j’avais aimée dans le premier long métrage semble avoir disparu. Pour ce volet, nous reprenons exactement là où nous avions laissé l’intrigue et si cette dernière est des plus abracadabrante, on arrive tout de même à y croire car on a été habitué depuis à ce côté fantastique.

En revanche, on était nettement moins habitué à une romance aussi lourde. Légèrement présente dans les autres opus (prenant néanmoins de l’ampleur dans le deuxième film), ici elle est omniprésente et en devient même étouffante par moment comme cette fameuse scène lors du combat final alors que les boulets de canons volent dans tous les sens que je ne révélerai pas pour éviter tout spoiler mais qui apparaît quand même nettement grotesque. C’est en grande partie à cause de ça aussi que le scénario traîne une nouvelle fois en longueur.

Entre explications et rebondissements à rallonge un peu maladroit ainsi qu’une romance étouffante on peut trouver le temps long surtout vers la fin quand on se dit qu’elle a été rallongée avec excès et aurait pu nous faire bénéficier de 30 minutes faciles qui ne sont pas indispensable. Comme si cela ne suffisait pas, après le générique de fin le long métrage se permet même le « luxe » de nous offrir une scène bonus prévisible qui accentue encore un peu plus cette sensation qu’on a voulu trop en mettre sans forcément chercher à faire le tri.

C’est dommage car comparé au deuxième film ce volet avait réussi à retrouver un peu de dynamisme avec l’action et l’humour mais en en faisant des tonnes, il alourdi son sujet et le rend beaucoup plus pesant à suivre notamment vers la fin où on peut être amené à regarder sa montre. Passer la découverte, mes nouveaux visionnages demeurent un poil meilleur en terme de ressenti mais je suis quand même bien loin de prendre un véritable plaisir.

Le casting ne révèle aucune surprise. On prend les même et on recommence à commencer par un Johnny Depp (Jack Sparrow) qui montre bien à quel point il est indispensable à cette franchise. Il apparait ici qu’au bout d’une demi-heure de film et on sent du coup que l’intrigue tarde à se mettre en place. C’est réellement quand il apparaît que l’on commence à prendre un véritable plaisir et à retrouver un personnage sympathique, que l’on apprécie beaucoup et à qui le comédien continue de lui prêter ses traits avec beaucoup de justesse et de fun.

Keira Knightley (Elizabeth Swann) prend quant à elle une nouvelle fois beaucoup d’importance comparé à avant. Un peu trop même ce que je regrette car si la comédienne fait le job et que je l’apprécie, je ne suis pas sûr pour autant que son personnage mérite une telle mise en avant. Cela n’apporte pas grand-chose et décrédibilise un peu plus le scénario à mes yeux. Après, l’actrice s’en sort bien quand même mais je ne suis pas sûr que cette évolution ait de bons côtés.

Pareil pour Orlando Bloom (William Turner) qui se voit prendre une nouvelle dimension avec même un visage encore plus agaçant. Le comédien n’est pas excessivement mauvais, j’ai déjà vu des prestations plus honteuse mais j’ai quand même beaucoup de mal à accrocher et je continue de le trouver très transparent dans cette distribution.

Grand absent du deuxième film, c’est un grand plaisir de retrouver en tout cas Geoffrey Rush (Hector Barbossa) toujours excellent et charismatique qui nous livre une très bonne prestation et fait un parfait allié à Jack Sparrow. Bill Nighy (Davy Jones) aussi continue d’être très bon. Son jeu ne change pas d’un iota et un gros travail est fait au niveau du regard. Je regrette quand même un peu qu’il soit moins présent même si je ne boude pas mon plaisir d’avoir pu « mieux voir » l’acteur lors d’une scène (un peu trop poussé sur l’émotion elle aussi).

Annoncé en gros sur l’affiche, Chow Yun-Fat (Sao Feng) fait malheureusement plus office de figurant. L’acteur est très bon même si ce n’est pas son meilleur rôle mais on pouvait être en droit d’en attendre un peu plus de sa part (cela aurait même permis au personnage de Keira Knightley de moins être mis en avant dans cette intrigue, ce qui aurait sonné plus « juste » à mes yeux). J’ai surtout eu l’impression que sa présence était avant tout un gros coup mercatique afin d’exploiter le film sur le territoire asiatique. C’est quand même regrettable car le comédien mérite un peu mieux que ça.

Jack Davenport (Norrington) revient un peu en retrait ce qui est surprenant quand on voit la belle évolution, surtout sur l’ampleur de son personnage, qu’on lui avait donné dans le second volet mais il reste bon. Pareil pour Tom Hollander (Cutler Beckett) dans son rôle de tête à claque même si je ne comprends pas trop la logique de son personnage lors de sa dernière scène que je ne révélerai pas non plus pour éviter de spoiler.

Stellan Skarsgard (Bill Turner) perd lui aussi de sa présence à l’écran ce que je ne comprends pas quand on voit l’importance qu’on donne au fils de son personnage. Il y aurait pu y avoir des choses intéressantes à montrer et on aurait pu exploiter de meilleure façon le charisme de l’acteur. Si elle joue bien, je ne suis pas sûr que l’évolution de Naomie Harris (Tia Dalma) soit nécessaire non plus, la trouvant plus maladroite qu’autre chose surtout que lors du combat final, sa présence devient obsolète à mes yeux (ce qui est de la faute du scénario je précise l’actrice n’étant pas foncièrement mauvaise).

Jonathan Pryce (Weatherby Swann) est bon de son côté et apparaît juste comme il faut tandis que le duo Mackenzie Crook – Lee Arenberg (Ragetti et Pintel) me fait toujours autant marrer. Au passage, j’ai adoré le petit clin d’œil et l’apparition de Keith Richards (Teague), Johnny Depp ayant toujours affirmé s’être inspiré du guitariste des Rolling Stones pour incarner le Capitaine Jack Sparrow.

Gore Verbinski conclue bien sa trilogie sinon. C’est un peu moins sombre que le deuxième opus ce que j’ai apprécié mais ça manque quand même toujours un peu de lumière. Avec les Caraïbes en titre, on peut espérer avoir un peu plus de décors ensoleillé et paradisiaque ce que l’on peine à avoir ici. De même, avec l’arrivée de l’univers du Capitaine Sao Feng, on aurait pu penser que la mise en scène allait jouer avec le côté asiatique et apporter un peu d’exotisme à son œuvre mais il n’en est rien.

Les effets spéciaux sont en tout cas plus réussis ici que le second opus je trouve et l’ensemble des scènes est bien chorégraphié même si le combat final peut apparaître un peu brouillon par moment. Les costumes sont bien réalisés mais ils apparaissent un peu trop parfaits. Ils donnent aux différents personnages un petit côté trop propre sur eux, ce qui est regrettable. J’aurais aimé un peu plus de laisser aller, un peu plus de folie ce qui aurait permis d’éviter visuellement dans un certain classicisme et d’accentuer un peu plus les traits de caractères de nos héros (c’est quoi par exemple ce chapeau ridicule de chinois qu’on a mis à Keira Knightley au début ou encore cette tenue de mannequin qu’Orlando Bloom a à la fin ?).

Du coup, si le scénario joue avec des facilités, la mise en scène utilise les mêmes ficelles n’hésitant pas à vite tomber dans les clichés et autres stéréotypes. Après, ça reste quand même agréable à regarder et ça en fait un divertissement honnête mais je pense qu’une prise de risque afin de ne pas rester trop propre sur soit aurait été une bonne chose.

La musique de Hans Zimmer est une nouvelle fois parfaite en tout cas et très entraînante ce qui fait que dès les premières notes, on reconnaît tout de suite dans quel film on s’est laissé embarquer. La fin ouverte nous laisse prévoir une nouvelle aventure mais la boucle étant cette fois ci bouclé, on peut se dire que le quatrième film prendra un virage différent. Quoi qu’il fasse, cette possibilité est offerte et ce n’est pas plus mal tout comme je trouve que c’est une bonne chose pour leurs carrières et pour la franchise que Keira Knightley et Orlando Bloom n’est pas rempilé pour le 4, l’importance que l’on à donner à leurs personnages étant un peu trop disproportionné à mon goût.

Pour résumer, « Pirates des Caraïbes 3 : Jusqu’au bout du monde » est quasiment une copie de l’opus « Le secret du coffre maudit », tous deux s’éloignant un peu plus de « La malédiction du Black Pearl ». C’est toujours trop sombre malgré un humour et de l’action qui revient, ça se prend toujours au sérieux et même si cette fois ci on a aussi en plus une romance encore plus lourde (celle de Davy Jones étant la moins chiante je trouve), au final les volets 2 et 3 se valent. Du coup, si ce divertissement se laisse regarder malgré une fin poussive, je pense qu’on aurait pu faire beaucoup mieux ce qui continue de me laisser un peu perplexe. J’ose espérer que le quatrième film reviendra sur les bases du premier en attendant je ne regrette pas d’avoir vu ses différentes suites (celle-ci y compris) mais le premier long métrage de la saga se détache haut la main à mes yeux dans cette saga cinématographique.

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