3H10 pour Yuma (1957)

3H10 pour Yuma (3:10 to Yuma). 1 heure 32. États-Unis. Western. Sortie en France le 30 octobre 1957 (le 7 août 1957 aux États-Unis). Réalisé par Delmer Daves avec Glenn Ford, Van Heflin, Felicia Farr, Leora Dara, Richard Jaeckel, Henry Jones, Robert Emhardt, George Mitchell, Sheridan Comerate, Robert Ellenstein, Ford Rainey…

Le criminel Ben Wade est capturé dans une petite ville. Cela n’empêche pas son gang de sévir, mais on persuade Dan Evans, un éleveur, de convoyer en secret le dangereux hors-la-loi (et désormais prisonnier), par le train de Yuma pour une prime et l’estime de son fils. Très vite se met en place une guerre des nerfs alors que les deux attendent le train dans un hôtel.

« Les gens ont le droit de vivre en paix »

Avis écrit le 22 avril 2017.

Cela fait un petit moment maintenant que j’entends parler du long métrage « 3H10 pour Yuma ». Il faisait d’ailleurs parti de ses classiques que je n’avais pas encore vu et que j’avais donc rajouté avec plaisir sur la liste de mes films à voir dans mon cycle consacré aux westerns. Bénéficiant d’un Blu-ray d’une excellente qualité, j’ai donc enfin pu suivre cette aventure.

Est-ce le fait d’avoir tarder pour le voir ou le fait que l’on me l’ait peut-être un tantinet survendu, je n’en sais rien mais je suis quand même resté un peu sur ma faim à l’issue de mon visionnage. Autant être clair tout de suite, j’ai bien aimé ce scénario écrit par Halsted Welles et Elmore Leonard même si il m’a fait penser (pour diverses raisons) à des westerns que j’avais vu il y a peu comme « Le train sifflera trois fois » ou encore « Règlements de comptes à OK Corral ».

Non, ce qui m’a véritablement embêté ici, c’est la construction de l’intrigue. Le récit parvient à faire naître une certaine tension que je trouve assez plaisante mais à côté de ça, l’histoire est remplie de moments que je trouve un peu trop facile voir très peu crédible. Je ne vais pas trop en dire pour éviter de spolier le film mais il y a des éléments qui ne fonctionne vraiment pas comme la capture du criminel, la réaction des « gentils » ou même encore le plan final tellement facile qu’il m’a fait sourire (et je ne parle que du plan final et non de la scène finale en intégralité dont plusieurs petits détails viennent un peu gâché la tension générale…).

C’est d’autant plus dommage que dans l’ensemble, la distribution fait le boulot. C’est assez léger, il n’y a aucune interprétation qui m’a vraiment percuté mais pour ce genre de spectacle, ça passe. C’est dommage d’ailleurs que le traitement soit un peu caricatural car parfois ça sonne un peu trop faux pour convaincre mais il n’y a rien de véritablement choquant.

De toute façon, côté casting, le film tire sa force du face à face entre Glenn Ford (Ben Wade) et Van Heflin (Dan Evans). Il y a bien quelques approximations à mes yeux surtout lié à l’écriture de leurs rôles respectifs mais c’est ce duo qui est l’un des véritables points forts de ce film. Très charismatique, le premier incarne à merveille le bandit que l’on suit les yeux fermés tandis que le second sera le gentil héros qui nous fait rester sur le droit chemin de la morale et de la vertu.

Ce duo parvient à masquer un peu les légèretés du scénario mais si l’on arrive à en faire de temps en temps abstractions, c’est aussi grâce à la réalisation de Delmer Daves. On est vraiment dans le western classique qui va exploiter avec beaucoup de réussite les ficelles du genre. Le long métrage me propose en tout cas tout ce que j’aime voir dans ce type de film.

Si je n’ai peut-être qu’un regret, c’est le noir et blanc. Pour les westerns, je suis assez friand de la couleur pour encore mieux profiter des différents décors et autres étendues désertiques. Alors oui, ici le noir et blanc amplifie un peu plus la tension dans l’atmosphère mais à côté de ça, je passe à côté de couleurs qui auraient vraiment pu me plaire je pense.

Fort heureusement, la photographie et la lumière sont excellentes. De plus, le choix des différents cadrages est très bon. C’est rythmé et le montage fait son boulot pour que le film passe vite sans que l’on n’ait le temps de s’ennuyer. J’ai bien aimé sinon la bande originale composée par George Duning et Ned Washington. Son thème phare est très plaisant et il y a pas mal de mélodies qui m’ont bien plongé dans l’ambiance. Dommage malgré tout que cette musique soit parfois trop lourde, trop présente et gâchant un peu la force de certaines scènes à force de vouloir trop l’utilisée.

Pour résumer, « 3H10 pour Yuma » est un très bon western. Au vue de sa qualité dans sa réalisation et dans l’utilisation des codes du genre, je comprends d’ailleurs aisément qu’il soit devenu un classique dont il me tarde même prochainement de découvrir son récent remake. Maintenant, je suis quand même resté un peu sur ma faim. Le duo principal fait ce qu’il peut pour limiter la casse mais les quelques facilités scénaristiques qui décrédibilise à mes yeux le récit est fortement préjudiciable. Reste que je le reverrais néanmoins avec plaisir et que je le savourerais même peut-être davantage maintenant que je sais à quoi m’attendre.

Publicités

2 réflexions sur “3H10 pour Yuma (1957)

  1. Je n’ai pas aimé le remake avec Russel Crowe qui, pourtant, est un acteur que j’aime beaucoup.
    ici, je trouve que Van Heflin vole la vedette à son acolyte Glenn Ford, son personnage est beaucoup plus en profondeur, son jeu est subtil et il se mouille vraiment en tant qu’acteur (au sens propre comme au sens figuré avec la scène interminable de l’attente dans la chambre)

    Aimé par 1 personne

    1. J’aime bien les deux acteurs mais pour ma part, en terme de jeu et de charisme, je trouve que Ford est un poil au dessus de Heflin. J’ai eu un peu moins d’empathie pour ce dernier également ce qui a dû jouer sur mon ressenti. Quoiqu’il en soit, le duo reste assez efficace, c’est surtout l’histoire en elle-même que j’ai trouvé un peu « facile » dans son cheminement.

      J’ai pas encore vu le remake sinon. J’ai le Blu-ray à porter de main, il faut juste que je me le case un de ses soirs. J’en attends pas spécialement grand-chose (même si j’apprécie le casting), j’espère juste qu’il corrigera quelques petits trucs dans le récit qui m’ont paru « peu crédible ». On verra bien mais je ne manquerais pas de faire un billet lorsque je l’aurais découvert 😉

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s