Hurlements

Hurlements (The Howling). 1 heure 31. États-Unis. Thriller – Épouvante – Fantastique. Sortie en France le 21 janvier 1981 (le 10 avril 1981 aux États-Unis). Réalisé par Joe Dante avec Dee Wallace, Patrick Macnee, Dennis Dugan, Belinda Balaski, Christopher Stone, Kevin McCarthy, John Carradine, Slim Pickens, Elisabeth Brooks, Robert Picardo, Margie Impert, Noble Willingham, James Murtaugh, Jim McKrell…

Los Angeles. Karen White est une journaliste qui se retrouve traquée par un tueur en série nommé Eddie Quist. En coopération avec la police, elle prend part à un piège pour capturer Eddie en acceptant de le rencontrer dans un cinéma porno. Alors que Quist force la journaliste à regarder une vidéo de viol, il est tué par les forces de l’ordre.
Karen est traumatisée et souffre d’amnésie. Son thérapeute, le docteur George Waggner, décide de l’envoyer avec son mari Bill dans un centre isolé à la campagne où ses patients prennent du repos, « La Colonie ».

« A secret society exists, and is living among all of us. They are neither people nor animals, but something in-between. »

Avis écrit le 23 avril 2017.

Ça fait un sacré bout de temps que je voulais découvrir « Hurlements ». J’ai rien contre les histoires de loup-garou, le cinéma de Joe Dante m’amuse et cerise sur le gâteau, ce long métrage bénéficie d’échos que je trouvais plutôt rassurant le plaçant même aux yeux de certains comme étant une œuvre culte. Profitant du fait qu’il était donc disponible sur CanalPlay, c’est confortablement installé que je me suis décidé à enfin le découvrir.

Il y a peut-être eu l’effet du « survendu » mais de mon côté en tout cas, je n’ai pas eu la claque que j’espérais. Le scénario écrit par John Sayles et Terence H. Winkless, d’après un roman de Gary Brandner, possède pourtant certains attraits mais je n’ai jamais réussi à me laisser totalement embarquer par cette histoire.

Au-delà du fait que j’ai l’impression d’avoir été face à un énième film traitant de ce sujet avec les mêmes ficelles scénaristiques habituelles, je trouve que cela met beaucoup trop de temps avant de se lancer. En fait, le film oscille à mon sens entre deux genres. Dans sa première partie, on est dans le thriller tandis que dans sa deuxième partie, on vire davantage vers le film d’épouvante.

Le mélange aurait pu être sympathique mais je trouve qu’il est ici mal dosé. Le côté thriller traine en longueur sans jamais réussir à me surprendre tandis que le côté épouvante très prévisible tarde à arriver. Je le découvre peut-être trop tard. Le fait de savoir que c’est un film de loup-garou (ce que de toute façon l’affiche et la bande annonce qui raconte tout ne se cache pas) gâche même sans doute un peu la surprise mais lorsque la bête rentre en scène, il est déjà trop tard de mon côté pour que je sois à fond du voyage.

Je le regrette d’autant plus que sous ses airs de films d’épouvante classique, il y a de bonnes idées dans ce final. Il y a également une ambiance qui me plait et dont le temps donne un certain charme. C’est cela aussi qui me rend le résultat encore plus frustrant. Dès le début, même sans avoir rien vu du film, je savais qu’on allait avoir un film de loup-garou et le fait de le savoir à l’avance tue un peu tout le plaisir que j’aurais pu avoir si je l’avais ignoré…

La distribution de son côté se contente du strict minimum pour l’époque. Cela possède un certain charme mais ce n’est pas non plus suffisant pour faire évoluer le film vers le haut. Après, les différents comédiens n’en demeure pas moins sympathique. Je trouve que c’est assez léger mais c’est aussi ça qui fait le charme de ses films.

Dee Wallace (Karen White) réussit à bien exister. C’est assez surprenant car d’habitude ce genre de personnage a tout pour être transparent mais là, ça fonctionne. Il faut dire qu’elle n’a pas besoin de se forcer beaucoup dans ce film très léger. Il suffit de voir l’interprétation de Christopher Stone (R. William « Bill » Neill) qui a sans nul doute pris un coup de vieux encore plus terrible que le film lui-même. Reste que cela m’a amusé de voir Patrick Macnee (Le Docteur George Waggner) à l’écran tandis qu’Elisabeth Brooks (Marsha Quist), sans être transcendante, m’a bien fait sourire avec son rôle de nymphomane très kitsch.

S’il y a bien une chose en revanche qui ne m’a pas déçu, c’est la mise en scène de Joe Dante. Oui, ça a pas mal vieilli. C’est le genre de film qui sent bon les années 80 mais c’est aussi ce qui fait son charme principal. Je n’ai pas la prétention d’avoir vu toute la filmographie de Joe Dante mais de ce que j’ai vu, ses œuvres font souvent leurs époques et passe assez mal d’une décennie à l’autre mais c’est ce que j’aime.

Une nouvelle fois, on sent la patte du réalisateur qui semble évoluer dans un univers qui l’amuse et dont il parvient à rendre ce plaisir assez communicatif malgré les imperfections de son film. Même dans la première partie assez lente, il y a des cadrages qui me plaisent. Dans la seconde moitié du film, même si cela arrive trop tard, il y a une ambiance que je trouve très bonne avec un jeu amusant sur l’exploitation de la lumière, la thématique du loup-garou féroce dans la nuit étant bien utilisé.

Les maquillages et le travail de Rick Baker continue aussi d’accentuer ce petit plaisir coupable que j’ai pu ressentir devant un tel final. Oui, ça fait sourire. Les effets visuels sont pas forcément toujours top mais les loups garous en eux-mêmes ont quand même malgré leurs âges une sacré gueule cinématographique qui fait plaisir.

Après m’en avoir vanté tant de mérites, j’aurais vraiment aimé que ce long métrage aille plus loin, qu’elle joue davantage avec son concept plutôt que de réaliser ce film assez sage malgré quelques plans marquants. Le fait de le découvrir tard et alors que pas mal de choses ont été écrite à son sujet joue peut-être également sur mon ressenti. La musique signée Pino Donaggio s’intègre bien au film en tout cas et à son époque. Parfois, trop présente, elle fait néanmoins partie d’un emballage indispensable pour l’atmosphère généré par le film.

Pour résumer, j’avais peut-être une faim de loup pour ce « Hurlements » mais je suis un peu déçu. Ce divertissement possède un certain charme. Je pourrais d’ailleurs le revoir je pense sans avoir à trop me forcer mais le film n’est clairement pas à la hauteur de ce que j’espérais. Ce n’est même pas dû à la légèreté générale, ni au coup de vieux qu’a pu provoquer les années (bien au contraire, ça lui donne même du charme). Non, c’est vraiment son histoire qui me bloque. Une grosse première partie bien lourde et pas toujours efficace a eu raison de moi. Quand le final (déjà plus plaisant malgré ses maladresses) arrive, il est trop tard. Je souris mais la surprise est gâchée depuis longtemps et je me sens un peu sur le bord de la route. Divertissant mais pas mémorable…

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6 réflexions sur “Hurlements

    1. Cela faisait un moment aussi que je voulais le découvrir. Au-delà de la présence de Dante derrière la caméra, la jaquette du dvd m’a toujours fait de l’œil. Au final, je l’ai vu grâce à CanalPlay mais bon comme quoi, les jaquettes et autres affiches peuvent facilement nous influencer ^^

      Aimé par 1 personne

  1. Je peux comprendre ton ressenti car, quand je l’ai revu, bien des années après, j’avoue avoir été un peu moins enthousiasme qu’à l’époque. Hormis les transformations extraordinaires, le film reste assez lent et manque d’ampleur. Néanmoins, « Hurlements » reste encore une référence en terme de film de loups-garous.

    Aimé par 1 personne

    1. Il faudrait que je les revois (car ils ont dû bien vieillir aussi…) mais quand on me dit films de loup-garou, je penserais automatiquement au « loup garou de Londres », « Loup garou de Paris » et « Wolf ». Je garde quelques bons souvenirs de « Wolfman » également même si de mémoire, il est un grand ton en dessous. « Hurlements », bien que sympathique sur certains aspects, traine beaucoup trop en longueur avec sa première partie assez ennuyeuse. En revanche, je suis d’accord avec toi, la transformation a une sacré classe 😉

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