Les Bronzés

Les Bronzés. 1 heure 32. France. Comédie. Sortie en France le 1er novembre 1978. Réalisé par Patrice Leconte avec Thierry Lhermitte, Gérard Jugnot, Josiane Balasko, Michel Blanc, Christian Clavier, Marie Anne Chazel, Dominique Lavanant, Michel Creton, Luis Rego, Martin Lamotte, Bruno Moynot, Guy Laporte, Michel Such, Yvon Brexel…

Un groupe de vingt personnes arrive extenué dans un club situé en Afrique pour passer quelques jours de repos. Et ils sont bien décidés a rentabiliser au maximum leurs vacances. C’est ainsi que nous suivrons les aventures tragi-comiques de la colérique Nathalie, de Gigi, de Jerôme le sûr-de-lui, Christiane, le malchanceux Jean-Claude, et bien-sûr celles des G.O (gentils organisateurs). Nouvelles rencontres, liaisons momentanées, petits et grands drames seront au programme…

« J’ai vécu avec une femme. Et puis au bout de 48 heures, elle a décidé qu’on se séparerait d’un commun accord. J’ai fait une tentative de suicide : j’ai avalé deux tubes de laxatifs. J’ai perdu 16 kilos et ma moquette. »

Avis écrit le 30 avril 2017.

« Les Bronzés », c’est un peu le genre de film dont je ne sais pas quoi dire. A quoi bon écrire quelque chose à son sujet ? Tout a déjà été dit, tout le monde a déjà vu ce film multi-rediffusé à la télévision au moins une fois et chacun sais déjà si cette comédie le fait rire ou non avec quand même, il faut l’avouer, une majorité qui s’esclaffe devant ce qui est devenu une référence en la matière.

Je ne vais pas prendre de grands risques mais je fais partie de cette catégorie également. Oui, je fais partie de cette secte qui se marre toujours devant cette comédie même si les gags et les répliques sont devenus du « par cœur » avec le temps. Le scénario écrit par la troupe du Splendid et Patrice Leconte est une parodie excellente du Club de vacances par excellence tout en décrivant avec une certaine justesse la caricature de son époque.

Alors oui, c’est drôle. C’est simple, c’est efficace et c’est tordant mais ce qui fait le véritable succès de ce film, c’est aussi sa faculté à être proche du spectateur. Quiconque qui a déjà été dans un Club de vacances ou même un semblant de Colonie a déjà vécu ce genre d’expérience où tout prend une ampleur dramatique et où le quotidien de la vie semble avoir été mis entre parenthèse.

On n’est pas dans la thèse philosophique non plus, on est dans la caricature qui joue habilement des différents stéréotypes. On est dans l’humour lourd, l’humour qui tache, l’humour qui ne cherche pas à faire dans la dentelle mais qui s’avère être juste dans sa finesse à être proche de nous. On a tous connu un Popeye, un Jean-Claude, une Gigi ou autre Bernard. On peut même parfois se sentir viser malgré l’exagération des traits.

Cependant, on ne se prend pas la tête, on s’amuse et le temps d’une comédie, c’est un peu un air de vacances qui flotte devant nous. On se marre vraiment bien devant ce film qui a su retranscrire son époque et qui vieillit à merveille. Il fait son âge dans le fond, dans la forme, dans son humour misogyne et facile mais ça marche toujours autant avec beaucoup de délice. Ponctué de répliques cultes, il me plonge avec nostalgie en tout cas à une époque qui me paraissait plus simple même dans ses imperfections.

Devant la caméra, la troupe du Splendid se fait bien plaisir. La bande de potes s’amuse, joue pas mal avec l’autodérision, ne se prend pas au sérieux et rend du coup cet humour très communicatif. Je peux comprendre que l’on n’y adhère pas, c’est la comédie française légère typique de son époque mais cette légèreté me plait toujours. Je n’ai jamais vu la pièce de théâtre d’origine « Amour, Coquillages et Crustacés » mais j’aurais vraiment aimé car cet humour me plait.

Niveau caricature, le Splendid parvient dès ce premier volet à rendre leurs différents personnages mythiques. Depuis, chacun a eu sa carrière bien à lui bien florissante mais l’on repense toujours avec un certain sourire au coin des lèvres à ses personnages haut en couleurs dont ils ont assumés la parodie jusqu’au bout.

Thierry Lhermitte (Popeye), Gérard Jugnot (Bernard), Christian Clavier (Jérôme), Marie-Anne Chazel (Gigi), Dominique Lavanant (Christiane), Josiane Balasko (Nathalie) ou encore le mythique Michel Blanc (Jean-Claude Dusse) ont inscrit leurs personnages au panthéon de la comédie française. Chacun à son heure de gloire et chacun est attachant à sa manière dans leurs imperfections.

Derrière la troupe, certains sont un peu plus en retrait que d’autres mais chacun fait quand même le boulot et trouve sa place dans cette aventure. Le duo Michel Creton (Bourseault) – Luis Rego (Bobo) forme par exemple un tandem très efficace en clown heureux pour l’un et clown triste pour l’autre. Martin Lamotte (Miguel) nous offre lui aussi quelques scènes mémorables. Même les quelques apparitions de Guy Laporte (Marius) ou encore Bruno Moynot (Gilbert Sellman) me plaisent.

C’est surtout dans l’écriture de cette parodie et dans l’interprétation totalement assumé de ses comédiens que le film a pu devenir culte avec le temps. La réalisation de Patrice Leconte s’avère elle plus classique, moins marquante. Cela ne veut pas dire pour autant qu’elle ne fonctionne pas. Bien au contraire, le divertissement est là.

Le montage fait que l’on ne s’ennuie jamais et qu’il y a un très bon enchainement dans les gags. Il y a bien une légère baisse de rythme dans le final qui a voulu rajouter une pointe de tragédie mais dans l’ensemble, on ne voit pas le temps passé et c’est toujours le cas pour moi malgré mes centaines de visionnages.

Les décors et les costumes sont sympathiques aussi. On ressent bien cet esprit de club de vacances où toute folie semble permise tout en restant cohérent avec l’ambiance. On se souviendra longtemps du slip de Jérôme ou de Popeye, des tenues de plage de Jean-Claude, de la coupe de cheveu de Christiane… Quant à la bande originale composée par Michel Bernholc, elle fait bien ambiance vacances. La chanson phare du village trône encore dans la tête de nombreux spectateurs qui s’en amuse encore.

Pour résumer, « Les Bronzés » est un classique de la comédie française dont je ne me lasse pas. Vu des centaines de fois, je me marre toujours autant devant cette légèreté générale qui caricature d’excellente manière son époque et les clubs de vacances. Très proche du spectateur, on est dans la comédie populaire par excellence, celle que j’affectionne et dont les nombreuses répliques et autres gags font partie dorénavant de notre patrimoine culturel. Bip bip, pour ma part j’adhère à fond à cet humour.

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