Alien : Covenant

Alien : Covenant. 2 heures 02. États-Unis – Grande Bretagne. Science Fiction – Épouvante. Sortie en France le 10 mai 2017 (le 12 mai 2017 en Grande Bretagne et le 19 mai 2017 aux États-Unis). Réalisé par Ridley Scott avec Michael Fassbender, Katherine Waterston, Billy Crudup, Danny McBride, Demián Bichir, Carmen Ejogo, Jussie Smollett, Amy Seimetz, Callie Hernandez, Nathaniel Dean, Alexander England, Noomi Rapace, Guy Pearce, James Franco, Benjamin Rigby, Tess Haubrich, Uli Latukefu…

Les membres d’équipage du vaisseau Covenant, à destination d’une planète située au fin fond de notre galaxie, découvrent ce qu’ils pensent être un paradis encore intouché. Il s’agit en fait d’un monde sombre et dangereux, cachant une menace terrible. Ils vont tout tenter pour s’échapper.

Avis écrit le 14 mai 2017.

Bien que j’apprécie les quatre premiers films de la franchise pour diverses raisons, le récent « Prometheus » m’avait quand même globalement déçu malgré une seconde lecture qui passait un peu mieux. Loin d’être un grand fan de Ridley Scott également (j’ai toujours préféré Tony), je partais donc peu confiant pour voir ce « Alien : Covenant ». Afin d’éviter de me faire spolier, j’ai quand même voulu faire rapidement le chemin en salles afin de pouvoir me faire mon propre avis.

Très vite, j’ai su que la séance allait être assez pénible pour moi. Si les quatre premiers films avaient au moins le mérite d’être fun (malgré leurs maladresses et autres imperfections), ce nouveau scénario écrit par Michael Green, John Logan et Jack Paglen s’inscrit dans la même lignée que « Prometheus » à savoir un film pompeux qui ne fait que combler du vide par du vide.

Certes, cette fois-ci l’action est un peu plus présente – c’est d’ailleurs ceci qui rend le film un peu plus digeste par moment selon moi par rapport à son prédécesseur – mais l’action ne fait pas tout. Cette façon de nous peindre des personnages caricaturaux avec des caractères que l’on devine à l’avance et de nous les plonger dans une histoire sans grand intérêt rend le spectacle assez insipide.

Alors oui, j’exagère peut-être un peu je le reconnais. Il y a par moment un peu d’intérêt dans ce récit. Cette histoire de colonisation, de protection de l’espèce et ce sous texte écologique pourrait être sympathique. Mais il n’empêche, après deux heures de spectacle assez pénible, je retiens principalement un film bavard qui ne justifie jamais son utilité dans la franchise.

C’est peut-être pas ma came, cet enrobage scénaristique n’est pas ce qui me passionnait le plus par le passé sauf que maintenant, Ridley Scott ne semble vouloir s’intéressé qu’à cela puisqu’il n’a rien d’autre à nous proposer. On aurait pu à la limite espérer un petit slasher classique, une petite épouvante intéressante mais même lorsque l’Alien se fait plus présent, c’est surtout des sourires qu’il a fait naître en moi. On joue pourtant sur le côté gore mais sans que je ne puisse vraiment l’expliquer, plusieurs de ses apparitions m’ont juste paru drôles.

De toute façon, j’ai trouvé que le drame ne fonctionne pas du tout dans ce film et il en va de même avec les différentes émotions que l’on veut véhiculer. Les différents couples que l’on voit semblent être des clichés prévisibles, la dualité entre David et Walter m’a laissé de marbre et même l’héroïne n’a pas su me réveiller.

C’est vraiment avec l’histoire peu passionnante et vide que j’ai un souci car après, la distribution fait son taf même pour les personnages pour lesquels je ne suis jamais parvenu à m’attacher. Katherine Waterston (Daniels) est un peu trop légère, elle ne nous fait pas oublier Noomi Rapace (Elizabeth Shaw) mais de toute façon, on est une nouvelle fois très loin de Sigourney « Ripley » Weaver qui avec sa simple présence tenait les films sur ses épaules même lorsque les Aliens se faisaient discret à l’écran.

Dans l’ensemble, les acteurs font ce qu’on leur demande, c’est juste que je ne suis pas convaincu par leurs jeux respectifs et par la direction artistique. Billy Crudup (Oram) qui a pourtant déjà fait ses preuves ne réussit pas à s’imposer en leader selon moi tandis que Danny McBride (Tennessee) est bien sympathique mais manque un peu d’ampleur dans ce projet. Pour le reste, Carmen Ejogo (Karine) m’a paru trop lisse, Demian Bichir (Lope) très clichés et Jussie Smollett (Ricks) aussi anecdotique que ceux que l’on peut rencontrer dans cette aventure.

Il y a bien Michael Fassbender (David / Walter) sinon. Sa double confrontation est peut-être ce que je retiendrais de ce volet. Cela manque parfois un peu de puissance, on aurait pu aller plus loin dans la dualité entre ses deux personnages mais l’acteur s’impose assez aisément. Dommage que le scénario trop maladroit ne laisse planer aucun doute ni même aucun suspense même lors de la scène finale. De tout ce casting, c’est sans doute aussi celui qui me frustre le plus car il y a matière à creuser un peu plus mais j’ai eu l’impression que l’on s’est principalement arrêté à la surface pour nous ressortir uniquement quelques répliques bateau…

Maintenant, je ne suis pas un grand amateur de Ridley Scott mais je dois bien admettre que comme pour « Prometheus », le bonhomme sait manier une caméra. On s’ennuie ferme, le montage aurait pu faire quelques coupes pour rendre l’ensemble plus dynamique mais l’on est quand même clairement dans un film de cinéma qui prend une certaine saveur sur grand écran.

Techniquement c’est beau. La photographie est très belle malgré une lumière toujours aussi sombre et visuellement, la réalisation réussi à nous plonger dans cette intrigue là où le scénario ne réussit pas. Il y a de beaux cadres, les décors sont intéressant (riche et minimaliste à la fois) et l’histoire aurait vraiment gagné à être aussi simpliste que les différents costumes.

Un bon travail a été fait sur le son également. Même si c’est propre, sur ce point je trouvais « Prometheus » plus abouti mais il y a quand même une certaine cohérence avec son prédécesseur malgré une volonté évidente de vouloir partir un peu dans une autre direction. Quant à la bande originale composée par Jed Kurzel, elle correspond aussi à une certaine logique.

Pour résumer, depuis l’épisode précédent, on part vraiment dans un autre délire. L’univers et l’identité de la franchise est là mais en se détachant trop de la franchise d’origine, « Alien : Covenant » me perd en route. Le premier film par exemple avait prouvé que l’on pouvait faire de l’action et du fun sans pour autant oublier la psychologie des personnages. On allait même jusqu’à créer une certaine union avec le mythique Alien, personnage à part entière. Ici, le monstre est juste un danger dans l’espace dont les apparitions me font principalement sourire malgré une volonté d’aller dans le gore. Quant à l’histoire en elle-même, c’est beaucoup de bruits pour rien. On a le droit à l’enrobage habituel pour justifier que l’on se replonge dans cette franchise qui se renouvelle mais ne réussit plus à me captiver. C’est vraiment dommage car à côté de ça, la distribution fait quand même le boulot et Ridley Scott démontre qu’il sait filmer. Cela ne suffit malheureusement pas pour moi, en sortant de ma séance, malgré ses qualités, je retiens surtout un film ennuyeux et je le regrette vraiment profondément…

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4 réflexions sur “Alien : Covenant

  1. Ridley Scott continue de rebooter la saga, sauf qu’il ne fait réchauffer les films précédents. Les thématiques ne sont jamais traités jusqu’au bout, tout comme le peu d’originalité qu’il y a de ce film. Ou est passé la subtilité et le sens du grand spectacle caractérisé made in Scott ? Il est clairement temps de passer la main à des cinéastes plus jeunes et plus inspirés. James Wan, Neil Blomkamp, Christopher Nolan, Denis Villeneuve ou encore Alfonso Cuarón. Pour ma part en tout cas, la saga Alien s’arrête avec Résurrection, même il est loin d’être parfait.

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    1. On n’est d’accord. Même si ce volet possède un tantinet plus d’action, il est exactement dans la même veine que « Prometheus ». Alors oui, Ridley Scott sait filmer et se dote d’une très belle photographie mais parfois, cela ne suffit pas comme c’est le cas ici. On a juste du bavardage ennuyeux qui comble des blancs et un manque cruel de fun. Pour ma part, le plaisir que je prend avec la saga Alien s’arrête également avec le quatrième film que je trouve fun malgré ses imperfections. D’une manière générale de toute façon, j’ai toujours plus été Tony Scott que Ridley Scott 😉

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    1. Disons que cette suite est clairement dans la même veine que « Prometheus » à savoir du film bavard pour combler du vide et qui ne dis pas grand chose de bien passionnant. La seule différence notable avec son prédécesseur, c’est la présence un peu plus importante d’action mais cela ne contribue pas à rendre le tout dynamique…

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