Bons baisers d’Athènes

Bons baisers d’Athènes (Escape to Athena). 1 heure 49. Grande Bretagne. Comédie – Drame – Guerre. Sortie en France le 13 février 1980 (le 9 mars 1979 en Grande Bretagne). Réalisé par George Cosmatos avec Roger Moore, Telly Savalas, David Niven, Elliott Gould, Claudia Cardinale, Stefanie Powers, Richard Roundtree, Sonny Bono, Anthony Valentine, Michael Sheard, William Holden, Siegfried Rauch…

Pendant la Seconde Guerre mondiale, en Grèce, un camp de prisonniers alliés est dirigé par le Major Otto Hecht, un Autrichien anti-nazi auparavant marchand d’art. Le travail des prisonniers consiste à déterrer des trésors archéologiques, normalement destinés à l’Allemagne, mais dont les plus belles pièces sont en fait revendues au marché noir par le Major. Les prisonniers sont bien traités mais s’allient néanmoins avec la résistance grecque pour prendre le camp et attaquer un monastère transformé en base secrète de lancement de missiles. Ils vont être aidés par une tenancière de bordel.

« Je vais t’avouer quelque chose, je n’ai aucune confiance en toi. Mais je suis plus cupide que je ne suis prudent. Quand est-ce qu’on se met en route ? ».

Avis écrit le 27 mai 2017.

Sir Roger Moore nous a quitté. Ce n’est pas spécialement un acteur dont je connaissais le travail mais il a toutefois su marquer son époque. Pour ma part, son nom restera principalement associé à James Bond et même si c’est l’agent 007 que j’apprécie le moins (malgré ses bons vilains), j’avais quand même envie de rendre un petit hommage au comédien. Pour ce faire, j’ai donc choisi de me mater un de ses films, autres qu’un James Bond, à la télévision et il se trouve que le seul qui était disponible, c’était sur TCM à savoir « Bons baisers d’Athènes ».

Malgré son titre accrocheur qui nous fait tout de suite pensé à « Bons baisers de Russie », James Bond oblige, ce long métrage n’a absolument rien à voir avec la franchise 007. Pourtant, on peut y retrouver quelques petites similitudes entre cette franchise et ce scénario écrit par Edward Anhalt, Richard Lochte et George Cosmatos. Des armes aux mains des vilains, de l’humour léger, une certaine misogynie, une affiche haute en couleur…

Cependant, le parallèle s’arrête ici. Pour ma part, j’ai quand même eu un peu de mal à accrocher à cette histoire. Ce n’est même pas le fait que Moore n’a eu de cesse de me faire penser à James Bond, c’est surtout que j’ai trouvé ce récit assez peu passionnant. Un poil trop brouillon, il nous apporte beaucoup d’éléments, beaucoup de personnages pour au final nous livré quelque chose de très classique qui aurait gagné en simplicité.

C’est dommage car tout n’est pas mauvais non plus. Je trouve ça intéressant les histoires qui ont un intérêt sur l’art en temps de guerre mais là, ça ne fonctionne pas toujours. C’est long à se lancer et surtout, son principal handicap à mes yeux, c’est son mauvais dosage entre humour et drame. L’humour, bien que plaisant et faisant naitre en moi quelques sourires, ne colle pas avec l’ambiance à mes yeux. L’humour arrive souvent de façon maladroite et je pense sincèrement qu’un traitement plus « sérieux » aurait été davantage efficace quitte à rester dans la même simplicité.

Cette histoire m’a paru un peu lente et mou du coup. Avec le recul en y repensant, j’ai quand même apprécié mais le fait de ne jamais avoir réussi à être totalement captivé m’empêche d’avoir un franc enthousiasme. Heureusement, dans son final, le film se réveille un peu en jouant à fond la carte de l’action. C’est pas toujours très crédible mais c’est déjà plus rythmé et réveille un peu l’ensemble.

Un des attraits de ce long métrage, c’est sa distribution. En plus de Roger Moore à qui je voulais rendre hommage, j’ai vraiment été surpris de voir des noms qui ne me rendent pas spécialement fou de joie mais qui faisait naitre en moi un certain gage de qualité. Assez classe, j’étais vraiment curieux de les voir évoluer tous ensemble.

Roger Moore (Major Otto Hecht) est celui qui ressort le plus de l’affiche et du casting. Pourtant, malgré son rôle central, j’ai trouvé que le comédien était un peu en retrait. Néanmoins, son interprétation reste assez fidèle au peu que je connais de cet acteur. C’est d’ailleurs pour ça aussi que j’ai eu un peu de mal à oublier James Bond car j’ai retrouvé dans son interprétation quelques gestuelles et quelques regards qui colle bien à son personnage, qui colle bien au comédien mais qui ne m’ont pas vraiment surpris.

Déjà présent dans un James Bond également, ce léger retrait de Roger Moore à l’écran profite au Kojak de mon enfance à savoir Telly Savalas (Zeno). Son jeu est très caricatural mais il possède un charisme indéniable et l’on prend du plaisir à le suivre. Dans le final plus explosif, il réussit même clairement à devenir le vrai héros de ce long métrage en s’imposant un peu plus.

J’ai bien aimé aussi David Niven (Professeur Blake), le Sir James Bond du parodique « Casino Royale » (décidément, 007 est vraiment partout dans ce film…). Son personnage est intéressant mais c’est vraiment dommage au final qu’il soit sous exploité. Il possède un humour et une classe que j’aime bien mais que le scénario ne parvient jamais à utiliser réellement.

Pour le reste, je retiendrais surtout le tandem Elliott Gould (Charlie) et Richard Roundtree (Net). Le premier joue peut-être un peu trop sur l’excentricité de son rôle mais il correspond bien à l’humour que se donne ce film même si ça sonne faux. Quant au second, il ne fait rien d’exceptionnel mais son jeu reste plaisant à suivre tout comme le rôle de Sonny Bono (Bruno Rotelli). De son côté, bien qu’il soit le méchant principal du film, Anthony Valentine (Volkmann) reste anecdotique.

Comme tous bons films de l’époque qui se respecte, on n’échappe pas à la touche féminine dans ce casting, une touche totalement sous exploité qui ne fait qu’accentuer le caractère misogyne du long métrage qui ne place pas la femme bien haut dans son intrigue. Rien de choquant pour ce genre de production mais Stefanie Powers (Dottie Del Mar) aurait vraiment mérité un traitement plus profond tandis que la ravissante Claudia Cardinale (Eleana) aurait elle aussi mérité un rôle un peu plus important.

La grande surprise pour moi vient de la réalisation de George Cosmatos. De ce metteur en scène, il faudrait que je revoie son « Rambo 2 » ou son « Cobra » pour réveiller en moi quelques souvenirs mais je ne m’attendais vraiment pas à une mise en scène d’une telle qualité. Dès le début, sa caméra se promène à travers les très beaux décors de cette île grecque. C’est aérien, c’est fluide et l’on a des travellings qui a défaut de rehaussé le niveau du film font que le rendu est impeccable.

Le film s’avère très vite riche en excellente idée. La scène de la course poursuite en moto par exemple n’a par exemple rien à envier selon moi à Jason Bourne, le cousin germain de James Bond. Les cadrages m’ont vraiment plus, il y a une photographie et une utilisation de la lumière que je trouve très belle. Non pas que je m’attendais à un désastre mais la qualité à mes yeux de la réalisation tranche avec la légèreté du scénario qui n’a pas réussi à me convaincre.

L’ambiance d’un cinéma de la fin des années 70 se fait sentir mais c’est agréable. Même lorsque l’histoire ne me passionne plus, le montage fait que je ne m’ennuie pas trop. Cela reste dynamique même si l’on aurait pu enlever une petite vingtaine de minutes au long métrage que cela ne m’aurait pas dérangé. Quant à la bande originale composée par Lalo Schifrin, elle est classique lorsqu’on évoque la Grèce mais elle contribue pour beaucoup également au charme que ce film peut avoir et au fait qu’au final mon ressenti ne soit pas totalement mauvais.

Pour résumer, « Bons baisers d’Athènes » est un long métrage que je suis content d’avoir vu. Je ne suis pas sûr que je l’aurais vu si il n’avait pas été disponible à la télévision au moment où je voulais voir un film avec Roger Moore mais le hasard a fait que je ne regrette pas ma découverte. Cela ne veut pas dire non plus que je ressens le besoin de le revoir pour autant. La réalisation impeccable et le casting classe convaincant dans l’ensemble fait que ce long métrage reste à voir. Après mon visionnage, il a même continué un peu à rester dans mon esprit. C’est donc frustrant qu’à côté de cela, le scénario n’ait pas réussi à m’emballer. Pour une conclusion aussi simpliste, le film aurait sans doute dû faire plus simple et moins se prendre la tête avec un dosage humour-drame imparfait.

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