Spawn

Spawn. 1 heure 32. États-Unis. Fantastique. Sortie en France le 10 décembre 1997 (le 1er août 1997 aux États-Unis). Réalisé par Mark A.Z. Dippé avec Michael Jai White, John Leguizamo, Martin Sheen, Theresa Randle, Nicol Williamson, D.B. Sweeney, Melinda Clarke, Miko Hughes, Sydni Beaudoin, Michael Papajohn, Frank Welker…

Al Simmons, agent du service action, employé par une organisation gouvernementale secrète, est trahi par son supérieur, Jason Wynn, qui le fait périr dans l’explosion d’une usine d’armes biochimiques. Simmons se retrouve alors devant Malebolgia, seigneur des ténèbres. Il signe avec lui un pacte lui permettant de revoir sa femme. Il devra mener les armées du mal dans leur ultime combat. Simmons devient alors un guerrier infernal à la force et aux pouvoirs illimités: Spawn!

« Pourquoi Dieu récupère les surdoués et nous refilent tous les retardés ? »

Avis écrit le 27 mai 2017.

Je n’avais pas revu « Spawn » depuis un moment. J’étais alors plus jeune et insouciant… J’ai un peu honte de l’avouer (encore plus maintenant que j’ai revu le film) mais j’en gardais même le tendre souvenir d’un film amusant même bourré de toutes ses imperfections. C’est donc quasiment en terrain connu que je me suis replongé de nouveau dans cette adaptation cinématographique d’un comics que je n’ai jamais lu.

Si maintenant que j’ai revu le film j’ai un peu honte d’avouer que j’en gardais un tendre souvenir, c’est qu’il faut être honnête, c’est assez mauvais. Le scénario écrit par Alan McElroy et Mark Dippé est assez catastrophique et il n’y a pas forcément besoin d’avoir lu le comic de Todd McFarlane pour s’en rendre compte. Pas besoin de faire de grandes comparaisons pour voir que ça vole bien bas.

Ma cinéphilie évolue. Il y a des films que l’on sait mauvais mais que l’on adore aimé (ma liste est très longue) mais celui-ci fait partie des longs métrages qui n’ont pas eu le droit à cette évolution. Il m’amusait par son côté clownesque plus jeune, il me désespère maintenant. Alors oui, il est toujours facile de cracher dans la soupe. Il y a bien quelques petites choses sympathiques mais dans sa globalité, à mes yeux, c’est quand même devenu un nanar qui a pris la saveur d’un navet…

Le scénario ne me fait absolument plus rire, je pousse limite quelques souvenirs nerveux devant cette aventure où finalement, je me demande encore comment elle a pu être validé par l’équipe qui lui a permis de voir le jour. Si le côté prévisible, bateau et très simpliste ne vaut pas que l’on s’attarde dessus (ce n’est pas le premier film à jouer sur du « déjà vu »), le temps devient quand même très long et c’est surtout le souvenir d’une certaine partie de ma jeunesse qui m’a maintenu en éveil.

Pour le casting, il n’y a pas de grands changements puisque même à l’époque, je trouvais déjà mauvais. Cela faisait partie de ce qui m’amusait d’ailleurs mais là encore, le cabotinage a du mal à passer. La distribution est en totale roue libre à un point qu’au-delà de leurs cachets respectifs, on se demande vraiment ce qui a pu pousser ses comédiens à prendre part à cette mascarade.

Michael Jai White (Al Simmons / Spawn) a le charisme d’une moule. Il n’y a rien d’originale dans son interprétation, rien n’est convaincant et même niveau physique, il ne fait pas héros. L’acteur traverse ce film tel un fantôme au même titre que Nicol Williamson (Cogliostro) dont le personnage ne fait que passer pour nous montrer que même lorsque ce n’est pas indispensable, on peut quand même glisser quelques effets visuels bien pourris.

Celui qui s’en sort le mieux à mes yeux, c’est John Leguizamo (Le Clown). Je vois tout de suite les gros yeux de certains d’entre vous à la lecture de cette phrase. Oui, son jeu est abyssalement catastrophique mais aidé par un maquillage atroce qui dissimule l’acteur, c’est sans doute celui qui réussit le mieux à faire oublier sa présence dans ce long métrage même si avec le recul, je pense qu’il aurait préféré ne pas être là et que son rôle soit image de synthèse bien laide comme le démon Malebolgia.

Martin Sheen (Jason Wynn) lui n’a pas cette chance. Pas de maquillages, pas d’artifices, on le reconnait bien et il ne peut pas se dérober. En tant que spectateur, c’est facile de chambrer mais c’est ce que je préfère faire puisque devant une telle médiocrité générale, je pense qu’il faut mieux se mettre au niveau de ce film et ne pas se prendre au sérieux. J’ai envie de croire en tout cas que ce casting ne s’est jamais pris au sérieux mais qu’on les a juste piégés à des fins alimentaires…

Ceux qui me lisent de temps en temps sont au courant que j’aime bien équilibrer la balance surtout vers le positif mais là, j’ai beau me creuser la cervelle, je ne vois personne dans cette distribution qui pourrait sauver le lot. Theresa Randle (Wanda Blake) est dans la touche féminine aussi fade que Melinda Clarke (Jessica Priest) est ridicule.

Dans sa mise en scène, Mark A.Z. Dippé n’arrange pas les choses. Sa réalisation est assez fidèle à cette mode très années 90 où certains films d’actions faisaient très téléfilms estampillés MTV à coup de visuel clipesque désastreuse. Parfois, ça ne vaut pas un Oscar mais ça se laisse quand même regarder gentiment avec la saveur de l’époque. Là en revanche, le réalisateur a beau avoir signé son principal coup d’éclat dans sa filmographie, c’est juste atroce, même pour l’époque…

Il n’y a pas un plan qui soit agréable à voir. Visuellement, c’est une bouillie indigeste même pas digne d’un mauvais jeu vidéo acheté au rabais dans un bac à soldes. Les maquillages sont horribles, les décors en cartons sont horribles et la photographie sombre est horrible. Il n’y a rien de cinématographique dans ce résultat.

Le coup de grâce nous est donné avec des effets spéciaux tellement pathétiques que l’on pourrait aisément enlever le titre honorifique du plus mauvais réalisateur à Ed Wood. Visuellement, mes yeux saignent et même le temps qui passent ne contribue pas à leurs donner du charme. Chercher sur le net ne serait-ce qu’une image, même fixe, de la vision de l’Enfer dans ce film où mieux encore, du démon Malebolgia pour vous convaincre que j’exagère à peine…

Ce qui est dommage, c’est que même sans avoir lu le comic d’origine, on sent que ce personnage à un très fort potentiel dans sa noirceur et l’on ne peut que regretter le traitement qu’on lui inflige. La musique composée par Graeme Revell ne rehausse rien. En revanche, elle a au moins le mérite d’être cohérente avec ce projet. On nous colle ça avec le logo MTV que ça passerait presque comme une lettre à la Poste.

Pour résumer, « Spawn » est une catastrophe cinématographique. Il n’y a vraiment pas grand-chose à sauver de ce long métrage qui pourtant possède un potentiel. On aurait pu avoir un film précurseur avant la mode des films de super héros bien sombre que les années 2000 nous ont offert. Au lieu de ça, on a un film de lendemain de cuite qui nous fait regretter le verre de trop. Dans ma note ressentie, je suis un poil trop généreux. Ma note ne correspond pas vraiment à mes écrits mais même si ce film est un nanar que l’âge adulte a transformé chez moi en navet indigeste, je préfère rester un tantinet généreux ne serait-ce en cadeau pour les quelques souvenirs d’une période de ma jeunesse que ce film a réveillé en moi. Attention, film pour public averti et je ne dis pas ça pour sa violence…

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