Le Père Noël est une ordure

Le Père Noël est une ordure. 1 heure 27. France. Comédie. Sortie en France le 25 août 1982. Réalisé par Jean-Marie Poiré avec Anémone, Thierry Lhermitte, Marie-Anne Chazel, Gérard Jugnot, Christian Clavier, Josiane Balasko, Bruno Moynot, Jacques François, Martin Lamotte, Michel Blanc, Claire Magnin…

La permanence téléphonique parisienne SOS détresse-amitié est perturbée le soir de Noël par l’arrivée de personnages marginaux farfelus qui provoquent des catastrophes en chaîne.

« Je n’aime pas dire du mal des gens, mais effectivement elle est gentille. »

Avis écrit le 29 mai 2017.

Bien que j’apprécie « Le Père Noël est une ordure », je n’avais pas spécialement planifié de le revoir surtout que je me l’étais déjà fait il y a quelques temps. Le hasard a surtout voulu que je veuille me faire la franchise des « Bronzés » du Splendid et puisque ce long métrage était également présent dans le coffret, j’ai juste saisi l’occasion.

Il n’a pas fallu me faire prier longtemps non plus. C’est le genre de comédie que l’on connait par cœur avec une multitude de répliques et pourtant, on ne s’en lasse pas. Le scénario écrit par Josiane Balasko, Marie-Anne Chazel, Christian Clavier, Gérard Jugnot, Thierry Lhermitte, Bruno Moynot et Jean-Marie Poiré, d’après la pièce du même nom du Splendid est juste excellent.

J’ai la chance d’avoir la pièce de théâtre en dvd et pour l’avoir vu autant de fois que le film, je ne pourrais pas dire pour quelle version j’ai ma préférence. L’histoire reste la même, les gags sont quasiment les mêmes, c’est juste qu’il y en a qui a une approche théâtrale et l’autre une approche cinématographique.

Il se trouve que cette approche cinématographique me botte. On sent l’origine du théâtre dans ce récit mais pourtant, on bouge un peu plus. La riche idée de ce long métrage, c’est d’avoir réussi à faire du théâtre filmé sans que cela se voie réellement. De bout en bout en tout cas, c’est des fous rires pour moi avec toujours ce regard cynique sur la société de l’époque dont certains stéréotypes sont encore d’actualité malheureusement.

A l’écran, la troupe du Splendid réunit dans sa grande majorité (Michel Blanc prêtera même sa voix à la personne au téléphone) semble vraiment s’éclater. On retrouve cette bande de potes mais ils nous font rentrer dans leurs délires. On ne se sent jamais exclu, bien au contraire, on s’éclate avec eux et avec ses personnages de bras cassés digne des grands vaudevilles.

Thierry Lhermitte (Pierre Mortez) et Anémone (Thérèse de Monsou) forme un excellent duo. On a tout de suite de la tendresse à leurs égards malgré la maladresse qu’ils peuvent avoir. L’un fait un peu hypocrite, l’autre un poil trop naïve, mais le tandem équilibre parfaitement la balance de ce qui va devenir un gros foutoir organisé.

Autre duo mythique de ce film, Gérard Jugnot (Félix) et Marie-Anne Chazel (Josette dite « Zézette »). A eux deux, on est dans la caricature extrême du couple que l’on a envie de voir dans un « Confession intime » à la télé. Les « cassos » de service qui nous font rire à défaut de nous désespérés. Là où le scénario reste bien écrit, c’est que le film parvient même à nous faire apprécier Félix qui pourtant est loin d’être un modèle d’exemplarité.

Histoire de ne pas arranger les choses avec ses quatre personnages hauts en couleurs, Christian Clavier (Katia) va venir mettre aussi son grain de sel. L’acteur me fait beaucoup rire dans cette œuvre je ne le nie pas. Il a toujours la même excentricité et trouve le ton juste entre la caricature et la tendresse que son rôle peut évoquer. Son rôle aurait peut-être mérité plus de subtilité, plus de finesse mais il n’en demeure pas moins tout aussi remarquable que les autres.

Derrière, le reste du casting ne fait principalement que passer mais chaque acteur réussit à s’imposer et à avoir son heure de gloire. Josiane Balasako (Marie-Ange Musquin) par exemple fait toujours son petit effet en supérieure qui pète plus haut que son cul et aime distribuer ses critiques ainsi que sa bonne morale. Que serait ce long métrage également sans Bruno Moynot (Monsieur Preskovitch) et ses spécialités Kloug tout aussi culte que le film en lui-même.

Jean-Marie Poiré n’a en tout cas pas beaucoup d’efforts à faire pour nous captiver. La véritable force du film, c’est l’écriture de cette farce et son humour qui fonctionne toujours. De son côté, le réalisateur lui ne fait que poser la caméra en évitant le plus possible de donner une sensation de théâtre filmé à son œuvre.

Il réussit plutôt bien. Je ne suis pas spécialement fan du délire avec les lapins mais l’ensemble est rythmé avec un montage efficace et dynamique. On ressent bien l’époque à laquelle le film a été tourné. Avec les années qui passent, cela donne un certain charme qui est également accentué à travers les différents costumes. La musique signée Vladimir Cosma est classique sinon et il y a toujours un malin plaisir (même si c’est facile) de retrouver le titre « Destinée » de Guy Marchand.

Pour résumer, même si elles n’ont pas toujours la même saveur que d’antan, j’ai toujours eu un certain amour pour les comédies populaires françaises. Si cet amour existe, c’est en partie grâce à des films comme « Le Père Noël est une ordure » dont je ne me lasse pas. Riche en répliques cultes, la transposition de l’œuvre de théâtre en œuvre de cinéma se fait comme une évidence. Sous la critique très noire de la société de l’époque, on a une comédie riche qui fait son boulot et qui des années plus tard, continue de faire rire de nombreux spectateurs.

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4 réflexions sur “Le Père Noël est une ordure

  1. Javais vu ce film parce qu’il ne me donne pas du tout envie… Il est peut être très drôle mais pour être plongé dans un film il faut avoir un minimum d’envie et d’attention… Tu penses que c’est une erreur de ma part alors que c’est un « classique » français ? 😉

    Aimé par 1 personne

    1. Personnellement, je trouve qu’il est toujours intéressant de découvrir des classiques parce qu’ils ont a un moment donné marqué les esprits. Maintenant, je ne suis pas fan du principe de « voir pour voir ». Il faut être en condition pour apprécier un film et se forcer n’est pas une bonne chose à mes yeux. Par exemple, bien que primé, le cinéma des Dardenne ne m’attire vraiment pas. Je passe peut-être à côté de quelque chose mais tant pis… Un jour peut-être…

      A mon niveau de simple spectateur, la seule chose que je peux te dire, c’est que le film m’a beaucoup fait rire tout comme la pièce de théâtre. Je prends toujours un plaisir à le voir comme je peux revoir un « Bronzé ». Maintenant, si tu veux sauter le pas, il passe assez souvent à la télévision donc si effectivement une fois lancé il ne te plait pas, tu auras le pouvoir de la zapette entre les mains 😉

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