Rio Bravo

Rio Bravo. 2 heures 21. États-Unis. Western. Sortie en France le 21 octobre 1959 (le 4 avril 1959 aux États-Unis). Réalisé par Howard Hawks avec John Wayne, Dean Martin, Ricky Nelson, Angie Dickinson, Walter Brennan, Ward Bond, John Russell, Pedro Gonzales-Gonzales, Estelita Rodriguez, Malcolm Atterbury, Claude Akins, Harry Carey Jr….

Un shérif arrête le frère de l’homme le plus puissant de la région. Il n’a pour alliés qu’un adjoint ivrogne, un vieillard boiteux, un gamin, une joueuse de poker et un hôtelier mexicain, et contre lui une armée de tueurs.

« Il est tellement fort qu’il n’essaye même plus de le prouver. »

Avis écrit le 19 novembre 2013.

Depuis quelques temps maintenant, je retrouve un certain plaisir à voir des westerns, un genre que j’avais un peu boudé ses dernières années je dois bien le reconnaître. Du coup, sans en abuser, quand j’ai l’occasion d’en voir un, j’essaie d’y prendre du plaisir. En plein cycle consacré à John Carpenter, il était donc en tout cas légitime que je m’attaque, à un moment ou à un autre, à « Rio Bravo », mythique film du cinéma américain qui a inspiré « Assaut ».

Et je dois bien avouer que je n’ai pas du tout été déçu. L’avantage, c’est que maintenant je vois en quoi John Carpenter a puisé son inspiration et ça me rends même sa relecture moderne plus intéressante. Ici, j’ai adoré le scénario écrit par Leigh Brackett, Jules Furthman et Barbara H. McCampbell. Cette histoire est bien prenante de bout en bout et j’y ait retrouvé tout ce que j’aime bien dans ce genre de western sous fond de justice et de machisme associé à la poussière et à la chaleur du grand Ouest. De plus, ici le scénario possède un grand humour qui est loin d’être déplaisant et que j’adore surtout qu’il est dosé à bon escient.

Ce film sent bon le western. On y retrouve ainsi tous les codes du genre avec des situations qui ont gardé de leurs charmes avec les années qui passe. Tellement de films ont fait de même que j’ai trouvé ce film assez classique mais il se démarque en restant diablement efficace avec cette histoire de prison pris au piège que j’ai beaucoup aimé.

La philosophie du Shérif en chef prêt à risquer sa vie et rester seul pour la justice et l’honneur m’as procuré un petit côté jouissif que j’ai apprécié. C’est bien sûr parfois riche en clichés mais l’ensemble nous offre une belle mélodie qui fait que ce western mérite son statut de classique du cinéma.

C’est ainsi que j’ai beaucoup aimé aussi la relation entre ses différents personnages que tout oppose mais qui vont se retrouver réuni pour cette justice et aussi en même temps, profitez de l’isolement qu’il s’inflige pour faire une propre quête sur eux même. Bien que comique par moment, chaque personnage à son importance, chaque personnage nous apporte quelque chose dans cette histoire très sympathique qui se laisse agréablement suivre. On pourrait avoir une durée un peu plus courte pour aller peut être droit au but mais au final, même la durée n’est pas déplaisante car elle nous donne la sensation d’être au cœur de cette intrigue, d’être nous aussi sur nos gardes.

Côté casting c’est aussi la grande classe je trouve. Restant classique jusqu’au bout, on a ainsi le droit à l’inévitable John Wayne, monstre sacré du western que j’ai retrouvé ici avec beaucoup de plaisir. Je trouve que ce rôle de John T. Chance lui va comme un gant. Toujours aussi charismatique, il à cette « gueule » et cette gestuelle qui font qu’il s’impose de façon très naturelle en tant que Shérif, incarnation parfaite de cette justice assez louable je trouve où chacun doit payer pour le prix de ses actes. Connaissant son sujet, John Wayne est très à l’aise et nous livre une nouvelle fois une très bonne prestation dans ce genre cinématographique.

A côté de lui, on retrouve Dean Martin en Dude que j’ai trouvé tout aussi excellent. Très bon avec son personnage, j’ai d’ailleurs eu beaucoup de sympathie pour lui. J’ai adoré son évolution au fur et à mesure que l’intrigue avance. Son personnage m’as beaucoup touché dans sa quête de rédemption et même si de nos jours, certains trucs apparaissent un peu facile avec le traitement fait sur l’alcool, ça reste quand même grandement appréciable. Et pour arranger les choses, l’acteur possède lui aussi une certaine carrure à l’écran qui fait que son rôle m’ait apparu très crédible aux côtés de John Wayne. On comprend d’ailleurs très bien l’empathie que John T. Chance peut avoir vis à vis du Dude car malgré ses défauts, c’est quelqu’un qu’on a envie d’aider.

Ricky Nelson dans la peau de Colorado Ryan est lui aussi pas mal du tout. D’ailleurs, je regrette presque qu’on ne le voit pas plus, même si il y a une logique ici, car j’ai beaucoup aimé la philosophie de son personnage. Très jeune, presque innocent dans son interprétation et sa gestuelle, cela colle en tout cas très bien avec son rôle et ça lui permet aussi de très bien exister dans cette intrigue même lorsqu’on le voit peu. Il dégage un petit quelque chose que j’ai apprécié et que j’ai trouvé très cohérent dans cette bande de justiciers au caractère atypique.

Un qui n’est pas en reste aussi niveau caractère de son personnage, c’est Walter Brennan dans le rôle de Stumpy. Bien que très bavard, j’ai bien aimé aussi ce personnage excessif dont on ne sait jamais vraiment comment prendre ses mots. Chacune de ses apparitions et en tout cas très drôle et même si le comédien utilise beaucoup la surenchère, ça passe très bien et le voir à l’écran fait bien plaisir. C’est d’ailleurs aussi le cas de Pedro Gonzales-Gonzales en Carlos Robante, l’hôtelier qui nous montre une autre forme d’excès mais que j’ai bien apprécié pour sa fraicheur et sa joie de vivre avec en plus l’accent bien typé qui va avec.

Pour la touche féminine, c’est Angie Dickinson qui apporte le côté glamour avec son personnage de Feathers. En plus d’avoir un charme certain, j’ai bien aimé la relation que son personnage entretient avec celui de John T. Chance. Il y a bien sûr un fond de romance mais celle-ci n’est pas étouffante et surtout, j’ai apprécié que dans cet univers très machiste où on sort les colts à-tout-va pour se faire entendre, de voir que l’actrice ne faisait pas uniquement office de belle plante. Bien sûr, parfois on se questionne sur sa réelle utilité dans le récit mais son personnage dynamique et le répondant qu’elle peut avoir fait que ça m’as bien amusé ici. Elle apporte une véritable touche de fraicheur.

Et c’est principalement autour d’eux et de leur façon de vivre sur leurs gardes que va se jouer le film. Le reste de la distribution reste cependant très bonne aussi je trouve à commencer par Ward Bond en Pat Wheeler que j’ai lui aussi grandement apprécié. Dommage d’ailleurs qu’on ne l’ait pas exploité un peu plus car j’ai bien aimé l’interprétation du comédien.

John Russell en Nathan Burdette et Claude Akins en Joe Burdette me sont apparus un peu plus « fade » bizarrement mais ça ne m’as quand même pas choqué car on les voit très peu. A noter en tout cas que je conseille très fortement ce film dans sa version originale, j’ai essayé un peu la version française même celle-ci ne retranscris pas vraiment bien le jeu des acteurs je trouve qui en plus, ont quand même un sacré timbre de voix ainsi que des accents qui collent bien avec les rôles qu’ils incarnent.

La réalisation de Howard Hawks est elle aussi tout aussi excellente. Sa caméra est toujours bien posé, c’est très dynamique même lorsqu’il y a peu d’action et il a parfaitement centré son intrigue au cœur de cette ville en évitant de trop s’éloigner ce qui fait qu’on a bien l’impression d’être pris au piège.

Les différentes scènes s’enchainent avec une bonne fluidité et le montage m’as paru judicieux à tel point que malgré sa durée de plus de deux heures, je ne me suis jamais ennuyé même lors de la fin qui traine pourtant peut être un peu en longueur à côté de l’assaut final que j’ai trouvé peut être un peu trop rapide.

J’ai adoré en tout cas ses différentes couleurs, cette photographie et cette exploitation de la lumière qui nous font bien plonger dans ce western old school particulièrement jouissif qui gagne pas mal en charme avec les années. Les décors des mythiques studios d’Old Tucson sont magnifique tout comme les différents costumes. J’ai eu par moment des envies de retrouver mon côté gamin, d’enfiler mon costume de shérif et d’aller combattre les méchants. Chaque angle de vue m’a paru bien pensé et assez variés. Ça reste académique mais c’est vraiment très plaisant à voir.

Quant à la bande originale composée par Dimitri Tiomkin, je l’ai elle aussi adoré. Elle s’est montré peu présente n’étouffant jamais le récit mais lui donnant un côté héroïque quand cela était nécessaire. J’ai beaucoup aimé la scène aussi dans la prison où ils sont en train de chanter. Elle coupe un peu avec le reste du film (apparemment dans leurs contrats c’était écrit qu’ils devaient chantés… A confirmer) mais elle détend bien. J’ai aimé cet interlude musicale avec « My Rifle, My pony and me » ou encore « Cindy, Cindy » qui nous permet à nous aussi de nous échapper un peu de la situation actuelle à ce moment-là. J’ai aussi beaucoup aimé le thème phare « Deguello » qui colle bien à la situation et à l’ambiance.

Pour résumer, j’ai vraiment passé un excellent moment de cinéma devant « Rio Bravo ». Moi qui voulais m’intéresser un peu plus aux westerns, ce long métrage a parfaitement réussi à me pousser à continuer dans mon initiation en plus de me faire encore plus apprécier le « Assaut » de John Carpenter qui reste un très bon hommage. Avec le recul, je l’apprécie même un peu plus et pourrais aisément le revoir. Du bon gros western comme je l’aime, assez classique mais efficace et qui réussit à sortir du lot en créant son identité propre. Le tout est très bien mis en scène par Howard Hawks et par une distribution si excellente, que je ne peux que conseiller de nouveau de voir ce film en version originale. Un classique mythique qui mérite son statut.

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