Ma vie en l’air

Ma vie en l’air. 1 heure 43. France. Comédie. Sortie en France le 7 septembre 2005. Réalisé par Rémi Bezançon avec Vincent Elbaz, Gilles Lellouche, Marion Cotillard, Didier Bezace, Tom Novembre, Elsa Kikoïne, Cécile Cassell, Philippe Nahon, Vincent Winterhalter, Maurice Chevit, François Levantal, Sasha Alliel, Julien Israël, Philippe Cura…

Instructeur dans une compagnie aérienne, Yann Kerbec évalue la capacité des pilotes sur les simulateurs de vols dans des conditions extrêmes. Mais il a un problème : il a peur de l’avion, une peur panique liée à sa naissance et qui, dans sa jeunesse, l’a empêché de suivre la femme de sa vie au bout du monde.

« Les amis d’enfance… Si vous vous en débarrassez pas à l’adolescence, c’est un truc que vous trainez toute votre vie. »

Avis écrit le 11 juillet 2017.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

Cela fait tout simplement un bail que je n’avais pas revu « Ma vie en l’air ». Premier long métrage de Rémi Bezançon, c’est grâce à ce film que j’ai découvert ce cinéaste, que je l’ai tout de suite apprécié et depuis ma découverte en salle de cette œuvre, je dois bien avouer que j’ai une certaine tendresse pour ce film.

L’histoire ?

Il faut dire que pour les amateurs de ce réalisateur, on retrouve tous les éléments phares de ses films. La relation père-fils, un certain isolement, un besoin d’évolution, un regard frais et léger sur le monde qui nous entoure… Dès son premier long métrage, Rémi Bezançon nous fait découvrir son univers, ses thématiques…

Il y a dans ce récit une part autobiographique selon ses dires et cela se ressent fortement. C’est aussi ça qui fait que l’on passe un très bon moment devant cette comédie légère et pétillante. Tout est dans la finesse. L’humour n’est jamais lourd, la romance éventuelle ne va pas être risible et l’aspect dramatique ne tombera jamais dans le pathos. Il y a bien sûr quelques petits défauts avec quelques petites facilités mais dans l’ensemble, c’est un très bon feel good movie qui nous fait aimer la vie.

La distribution ?

Du coup, à l’image de son scénario, le casting est tout aussi léger mais efficace. Vincent Elbaz (Yann Kerbec) porte très bien le film sur ses épaules. Il incarne d’une façon très candide notre héros en lui donnant un côté très adolescent sans jamais tomber pour autant dans la surenchère. Il y a dans son interprétation une tendresse qui fait que l’on arrive même à aimer les défauts de son personnage.

A ses côtés, Gilles Lellouche (Ludo) m’a lui beaucoup fait rire. Toujours dans la thématique de l’adolescent qui refuse de grandir, son interprétation est de son côté plus caricatural mais ça passe bien surtout que son amitié avec le personnage de Yann ainsi que sa relation particulière avec son père n’est pas inintéressante.

Pour compléter ce duo, Marion Cotillard (Alice) est elle aussi très appréciable. Plus « adulte » dans sa psychologie, l’arrivée de son personnage apporte un bon équilibre au tandem principal que la romance prévisible ne viendra jamais gâcher. D’ailleurs, je regrette même de ne pas la voir davantage car je pense qu’il y avait un potentiel à l’exploiter davantage.

Pour le reste, ce casting est rempli de rôles secondaires tout aussi savoureux. Didier Bezace (Bruno Castelot) est assez exceptionnel dans son registre. Beauf à souhaits, on arrive lui-aussi à le trouver touchant tant son traitement n’est jamais gratuit. Tom Novembre (Le père de Yann) démontre une certaine sagesse à tel point que l’on ressent son absent par moment autant que le personnage de Yann. Que dire également de Vincent Winterhalter (Eddy La Tchatche) que l’on voit très peu mais qui marque les esprits. Finalement, il n’y a qu’avec Elsa Kikoïne (Charlotte) que je n’ai pas eu d’affinités particulières mais il faut aussi reconnaitre que le scénario ne lui donne pas forcément le beau rôle dans cette histoire ce qui peut expliquer le manque d’empathie que je peux avoir à son égard.

La mise en scène ?

Comme je le dis un peu plus haut, dès son premier film j’ai apprécié la réalisation de Rémi Bezançon. C’est un style bien à lui et dès ses débuts, l’on peut y retrouver sa patte visuelle. Sans forcément être lourd ou tomber dans la surenchère visuelle gratuite, le cinéaste nous propose de nombreux plans d’une très grande beauté sans que cela prenne le dessus sur l’histoire.

Le montage est extrêmement bien foutu et ça même si par moment, j’ai ressenti quelques baisses de rythmes surtout lors de mes revisionnages car je ne les avais pas spécialement ressentis lors de ma découverte au cinéma. La photographie est belle, très abouti et il y a tout une atmosphère qui se crée donnant à ce long métrage sa propre identité.

Par la suite, Rémi Bezançon nous prouvera qu’il peut aller encore plus loin et nous offrir une réalisation encore plus subtile et riche. Cependant, il y a de très bonnes idées ici comme le fameux plan séquence de Ludo en accéléré ou encore les flashbacks dans le passé. Quant à la bande originale, la musique signée par Jeanne Cherhal et Sinclair, au-delà d’être très bonne, commençait là encore à montrer les bases de ce que serait les musiques de ses prochains films.

En bref ?

Pour résumer, « Ma vie en l’air » a tout du film simpliste et léger sur le papier. Fort heureusement, avec le talent d’écriture et de mise en scène de Rémi Bezançon, on a le droit à un résultat beaucoup plus fin. Divertissant, frais, agréable, fluide, il est aussi intéressant dans ses différentes thématiques et le regard doux qu’il peut porter sur ses personnages. A mes yeux en tout cas, ce film fait partie des « premiers films » qui méritent amplement leurs découvertes. Par la suite l’essai sera de nouveau transformé et de mon côté, je ne regrette vraiment pas de m’être replongé dans cette petite sucrerie cinématographique.

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