The Circle

The Circle. 1 heure 50. États-Unis. Thriller – Drame. Sortie en France le 12 juillet 2017 (le 28 avril 2017 aux États-Unis). Réalisé par James Ponsoldt avec Emma Watson, Tom Hanks, John Boyega, Karen Gillan, Ellar Coltrane, Patton Oswalt, Glenne Headly, Bill Paxton, Poorna Jagannathan, Nate Corddry, Mamoudou Athie, Ellen Wong…

Les États-Unis, dans un futur proche. Mae est engagée chez The Circle, le groupe de nouvelles technologies et de médias sociaux le plus puissant au monde. Pour elle, c’est une opportunité en or ! Tandis qu’elle prend de plus en plus de responsabilités, le fondateur de l’entreprise, Eamon Bailey, l’encourage à participer à une expérience révolutionnaire qui bouscule les limites de la vie privée, de l’éthique et des libertés individuelles. Désormais, les choix que fait Mae dans le cadre de cette expérience impactent l’avenir de ses amis, de ses proches et de l’humanité tout entière…

« – Avant on partait à l’aventure, on voyait les choses par nous-mêmes. Maintenant, tout passe par ce filtre. »

Avis écrit le 14 juillet 2017.

Pourquoi j’ai voulu voir ce film ?

La présence d’un casting assez classe (je suis vite sous le charme d’Emma Watson tandis que Tom Hanks est globalement un gage de qualité à mes yeux) associé à un sujet très actuel fait que « The Circle » me tentait beaucoup. Juste en voyant la bande annonce, je savais un peu à quoi m’en tenir mais j’étais assez curieux de voir jusqu’où ce thriller allait pouvoir nous faire pousser la réflexion.

L’histoire ?

Malheureusement, cette réflexion ne va pas bien loin et « The Circle » aurait très bien pu se nommer « Les réseaux sociaux pour les nuls ». Dans le fond, le film n’est pas inintéressant mais à travers cette fiction, le scénario ne va pas plus loin que ce que l’on sait déjà. Après, c’est quand même une bonne chose de voir les dérives qu’il peut y avoir si on laisse trop de portes ouvertes et que l’on sacrifie volontairement notre vie privée.

En fait, la véritable erreur de ce récit, c’est son traitement trop grossier. L’ensemble manque un peu de finesse et la découverte de cette communauté nous fait juste penser à une simple secte prête à se bruler même si ils ont conscience que le feu brûle. Alors oui, on vit dans une société où l’on n’est pas très loin de tout ça mais l’intrigue manque un peu de profondeur pour vraiment marquer les esprits.

On peut s’interroger sur notre propre utilisation des réseaux sociaux, la façon dont on nous manipule pour nous faire accepter des choses inacceptables (Est-ce normal de priver mon fils de certaines émotions ?… La tournure de cette question que je paraphrase du film en est un bon exemple), la pression populaire où l’on peut être juge, juré, bourreau mais aussi victime… Ses thématiques sont intéressantes mais traité avec un peu trop de légèreté et de naïveté à mon sens. Le final m’a d’ailleurs laissé un peu sur ma faim avec cette fameuse pensée que l’on a tous déjà eu « Tout ça pour ça »…

La distribution ?

Fort heureusement, si l’histoire est un peu légère dans son traitement, le casting n’en reste pas moins très bon et convaincu par la cause mise en avant. Comme je le dis plus haut, j’apprécie Emma Watson (Mae Holland). L’actrice a une certaine fraîcheur et un côté candide qui colle bien avec son personnage. Cependant, ici, je ne l’ai pas trouvé aussi percutante que ce que j’aurais espéré. En fait, elle est même à l’image de ce scénario, légère, plaisante mais aussi un peu trop facile dans son interprétation.

Face à elle, Tom Hanks (Eamon Bailey) est déjà plus consistant. C’est vraiment dommage que celui qui représente le danger soit au final si peu exploité. L’acteur, très charismatique, est vraiment convaincant pour nous faire passer des couleuvres. Je l’ai trouvé très juste dans son jeu en possédant un certain mimétisme avec des patrons de grosses sociétés que l’on connait. Impossible de ne pas penser à des présentations de produits Apple, Microsoft ou Facebook (pour ne citer qu’eux) quand on le voit. J’aurais bien aimé qu’en plus de son personnage, qu’on exploite davantage son tandem avec Patton Oswalt (Tom Stenton) que j’ai bien aimé aussi. A travers leurs regards, ils font passer beaucoup de choses dans leurs non-dits.

Pour le reste, c’est aussi très bon mais également frustrant car l’exploitation n’est pas faite à son total potentiel alors que l’on a d’excellent rôles secondaires. On se centre beaucoup trop sur le personnage de Mae là où d’autres personnages auraient pu apporter davantage à l’intrigue et creuser un peu plus le sujet et ses dérives.

J’ai par exemple aimé John Boyega (Ty) que l’on voit trop peu et qui aurait pourtant eu des choses à dire sur les projets qui dépassent les bonnes intentions de leurs créateurs. Dans cette secte où tout le monde s’aime sur un arc en ciel, j’ai trouvé intéressant néanmoins l’évolution de Karen Gillan (Annie) très bonne. Ellar Coltrane (Mercer) dans la peau de celui qui veut s’émanciper de cette virtualité est également très intéressant et bien joué par son comédien. Enfin, j’ai eu une certaine tendresse pour le couple Glenne Headly (Bonnie) – Bill Paxton (Vinnie). Pour ce dernier, en plus du plaisir de le revoir sur un grand écran, j’ai trouvé qu’il était juste et efficace avec son personnage.

La mise en scène ?

Derrière sa caméra, James Ponsoldt semble comme ses acteurs convaincu par son sujet. C’est une excellente chose car si l’équipe y croit, en tant que spectateur, on a envie d’y croire également. Mais finalement, là encore, c’est léger. Ce n’est pas mauvais, c’est agréable à suivre avec un beau choix dans les couleurs, une belle photographie et un aspect un peu futuriste qui n’est pas désagréable mais l’ensemble reste un peu trop propre sur lui.

J’aurais vraiment aimé un peu plus de noirceur, que le danger soit plus perceptible, que l’on se prenne une véritable claque… Là, on a un divertissement d’anticipation qui visuellement manque de puissance pour nous mettre en alerte sur son sujet même si il se laisse suivre. Si le final rapide m’a laissé penser qu’à l’image du cercle symbolique, on tourne un peu en rond, il y a aussi quelques longueurs qui portent préjudice au film. Je ne me suis pas ennuyé mais je n’aurais rien eu contre quelques minutes en moins.

En bref ?

Pour résumer, « The Circle » me laisse sur ma faim. C’est vraiment frustrant car sa thématique me plait énormément et mériterait d’être défendu. On vit une époque où il est important de bien mettre le curseur sur les bonnes limites pour éviter certaines dérives et donner trop de pouvoir à certains, tout comme il est important de défendre sa vie privée. Malheureusement, l’ensemble est beaucoup trop léger. On a tout pour faire un thriller haletant et on se retrouve avec un simple divertissement d’anticipation agréable et léger. Ce n’est pas catastrophique, je pourrais même le revoir, mais j’en attendais quand même clairement plus…

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2 réflexions sur “The Circle

    1. Il n’est pas mauvais c’est certain. Sur son fond, c’est même intéressant et la forme reste plaisante malgré le manque d’inventivité. Plus que de la déception, c’est surtout de la frustration que je ressens. Avec un tel sujet sociétal, je trouve qu’il y avait moyen de faire un film plus profond et plus percutant. Là, le récit se contente du minimum avec des évidences et des choses prévisibles à l’image de son final vite expédié. Je pourrais le revoir facilement, j’aurais juste aimer un film plus fort pour ce sujet 😉

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